Paris et Berlin veulent l'Union budgétaire

CRISE Nicolas Sarkozy reçoit ce midi Angela Merkel à l'Elysée pour préparer le Conseil européen de jeudi...

Lucie Romano

— 

Sarkozy et Merkel, le 24 novembre à Strasbourg.
Sarkozy et Merkel, le 24 novembre à Strasbourg. — G. VARELA / 20 MINUTES

Nicolas Sarkozy reçoit Angela Merkel ce lundi midi à l'Elysée. Objectif: formuler des propositions communes avant le Conseil européen qui s'ouvre jeudi à Bruxelles. Après des mois de divergences, un compromis entre les deux dirigeants paraît un peu plus envisageable. Le chef de l'Etat jeudi dernier à Toulon (Var) et la chancelière le lendemain au Parlement allemand ont appelé à une refondation de l'Union européenne. «La zone euro en crise doit devenir une véritable union budgétaire», se sont-ils accordés.

Seule une révision des traités européens le permet, défend Angela Merkel, récemment rejointe sur ce point par Nicolas Sarkozy. Cette révision doit être proposée aux vingt-sept pays de l'UE, et, si certains refusent, aux dix-sept pays de la zone euro. Leur leitmotiv commun: pour sauver la zone euro, il faut une plus grande discipline budgétaire.

Le rôle de la BCE les divise

Mais sur la méthode, ils continuent de diverger. Angela Merkel milite pour que les Etats ne gérant pas sainement leurs comptes soient poursuivis par la Cour de justice européenne. Elle veut aussi qu'un commissaire européen puisse intervenir dans les budgets nationaux. La France prône, elle, une gouvernance «intergouvernementale» qui laisse le dernier mot aux chefs d'Etat et de gouvernement. A Toulon, le Président s'est toutefois déclaré prêt à un contrôle accru de la Commission en échange d'une plus grande solidarité dans la zone euro.

Mais, c'est sur le rôle accordé à la Banque centrale européenne que demeure la plus grande divergence entre Paris et Berlin. Nicolas Sarkozy souhaite que la BCE puisse racheter la dette des pays en difficultés. La chancelière allemande demeure inflexible. Pour elle, pas question d'émettre des euro-obligations et de mutualiser la dette. La parade du couple? Laisser au nouveau président de la BCE le soin de trancher. Peu de chance de toute façon qu'Angela Merkel, dont l'inflexibilité est pourtant désormais mal perçue en Allemagne, ne cède.

Hollande sort du silence

François Hollande ne veut pas d'un nouveau traité européen, rapportait dimanche Le Journal du Dimanche. Le candidat du Parti socialiste s'oppose aussi à l'idée de «directoire à deux entre l'Allemagne et la France». Il prône la mise en place d'une taxe sur les transactions financières et le lancement d'euro-obligations.