Discours de Toulon: Nicolas Sarkozy entre chef de l'Etat et futur candidat

ECONOMIE Le président de la République a demandé davantage de discipline et une Europe intergouvernementale...

Bertrand de Volontat (avec AFP)

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Le président Nicolas Sarkozy a appelé jeudi à Toulon à une "refondation" de l'Europe reposant sur "plus de discipline" pour affronter la crise, mais a refusé "la marche vers plus de supranationalité".
Le président Nicolas Sarkozy a appelé jeudi à Toulon à une "refondation" de l'Europe reposant sur "plus de discipline" pour affronter la crise, mais a refusé "la marche vers plus de supranationalité". — Eric Feferberg afp.com

Un discours qui oscille entre celui d'un chef de l'Etat et celui d'un futur candidat à l'élection présidentielle. Nicolas Sarkozy tenait jeudi soir à Toulon un discours sur l'état de l'Europe et sur la crise de la zone euro.

Après être revenu sur «la pire crise que l'Europe traverse depuis 75 ans», il a plaidé pour une sortie de crise par «le travail et l'effort» tout en demandant aux Français de ne pas perdre confiance, ce dont justement la crise se nourrit. 

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Il a rappelé que le nucléaire était un atout pour la France. «Ce n'est pas en boudant l'énergie nucléaire que la France valorisera au mieux ses atouts.» La France qui devra être moins dépensière pour réduire ses déficits. 

Il s'est ensuite exprimé en faveur de la convergence européenne, l'isolement étant «mortel pour notre pays».

Il a insisté sur le fait que «la disparition de l'euro rendrait notre endettement ingérable. Notre dette serait multipliée par 2. Les Français s'appauvriraient.»

Au sujet de l'Allemagne, il a précisé que «l'Allemagne et la France ont décidé d'unir leur destin», de manière irréfutable. 

La convergence est un axe de sa politique européenne et l'euro tout comme l'Europe ne sont plus «un choix mais une nécessité». La BCE quant à elle, reste indépendante et aura un rôle fondamental à jouer. 

Plus de solidarité et plus de discipline

«La refondation de l'Europe, ce n'est pas la marche vers plus de supranationalité» mais une «Europe plus démocratique et intergouvernementale» où «ce sont les responsables politiques qui décident», a-t-il lancé.

Selon le chef de l'Etat, «l'Europe a besoin de plus de solidarité mais plus de solidarité exige plus de discipline».

«C'est le premier principe de la refondation de l'Europe car la solidarité ne doit pas être un encouragement au laxisme», a-t-il insisté.

Estimant que «l'Europe a besoin de plus de démocratie et de plus de politique, le deuxième principe de sa refondation», Nicolas Sarkozy a estimé que cette «Europe plus démocratique, c'est l'Europe où ce sont les responsables politiques qui décident».

Nicolas Sarkozy a souligné que les chefs d'Etats et de gouvernements européens «disposaient de la légitimité démocratique qui leur permettait de décider». Il s'est ainsi prononcé en faveur d'un processus de décision intergouvernemental et de «davantage de décisions prises à la majorité qualifiée» au sein des instances européennes.

A cette fin, il recevra Angela Merkel lundi prochain afin de «repenser Schengen», de «réinventer le traité de Maastricht» et ultimement de se lancer dans «un nouveau traité européen».