Pourquoi les appareils ménagers risquent de coûter encore plus cher

ECONOMIE Le gouvernement réfléchirait à l'instauration d'un bonus-malus...

Mathieu Bruckmüller

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JS EVRARD/SIPA

Nathalie Kosciusko-Morizet, la ministre de l’Environnement, pourrait bien annoncer le 5 décembre l’instauration à partir de 2012 d’un bonus-malus sur les téléviseurs, lave-linge, lampes, climatiseurs et autres appareils énergivores, selon Le Parisien de ce jeudi.

Aider les plus défavorisés

Objectif: aider les ménages les moins favorisés à faire l’acquisition de réfrigérateurs moins énergivores.

Inspiré d’une proposition de l’Ademe (Agence de développement et de la maîtrise de l’énergie), le principe est le suivant: les appareils ménagers énergivores seraient taxés de 0,02 euro par kWh avec à la clé des recettes de 120 millions d’euros. Une somme qui viendrait financer en échange une vignette verte de 150 euros pour l’achat d’un réfrigérateur ou d’un congélateur de classe A+++ et A++. Les 2 millions de ménages éligibles aux tarifs sociaux du gaz et de l’électricité pourraient en bénéficier.

Seul hic, cette taxe à toutes les chances d’être répercutée par les fabricants d’appareils d’équipement ménager. «Le coût pour le consommateur va être beaucoup plus élevé. Nous allons intégrer cette taxe dans nos prix de fabrication et c’est à partir de ce prix de base plus élevé que les consommateurs acquitteront la TVA à 19,6%. En somme, on va taxer la taxe… D’autres pistes moins pénalisantes seraient possibles avec, par exemple, des filières de reconditionnement de matériels qui proposent du matériel de bonne qualité», estime Bernard Planque du Gifam, interrogé par le quotidien.

Une hausse des prix de 2%?

La hausse des prix dans la distribution serait de l’ordre de 2% pour l’Ademe. Elle coûterait au consommateur en moyenne 5,8 euros pour un réfrigérateur, un congélateur, un lave-linge ou un lave-vaisselle, et jusqu'à 30 euros pour un climatiseur, rapporte Le Figaro.

Dans tous les cas, ce bonus-malus coûterait aux pouvoirs publics bien moins cher que celui instauré pour l’automobile. Ce dernier a grevé les caisses de l’Etat de 500 millions d’euros en 2011. Le bonus-malus sur les appareils ménagers ne devrait pas dépasser 15,2 millions d’euros.