Le Portugal se dote d'un budget draconien pour 2012

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Le Parlement portugais a définitivement adopté mercredi un budget pour 2012 d'une rigueur draconienne, qui doit permettre au gouvernement de réduire les déficits du pays, sous assistance financière, au risque d'aggraver la récession et le mécontentement social.
Le Parlement portugais a définitivement adopté mercredi un budget pour 2012 d'une rigueur draconienne, qui doit permettre au gouvernement de réduire les déficits du pays, sous assistance financière, au risque d'aggraver la récession et le mécontentement social. — Patricia de Melo Moreira afp.com

Le Parlement portugais a définitivement adopté mercredi un budget pour 2012 d'une rigueur draconienne, qui doit permettre au gouvernement de réduire les déficits du pays, sous assistance financière, au risque d'aggraver la récession et le mécontentement social.

"Ce budget est nécessaire pour rétablir la confiance des Portugais, des marchés et de nos partenaires internationaux", a déclaré le ministre des Finances Vitor Gaspar devant les députés.

Le budget a été approuvé grâce à la majorité confortable dont la coalition de centre-droit dispose à l'Assemblée. Le Parti socialiste, principale formation d'opposition favorable au plan d'aide international, s'est abstenu "pour défendre l'intérêt national", a indiqué son leader Antonio José Seguro.

Troisième pays de la zone euro après la Grèce et l'Irlande à faire appel à une aide exceptionnelle, le Portugal a obtenu en mai dernier du Fonds monétaire international et de l'Union européenne un prêt de 78 milliards d'euros. En échange il s'est engagé à mettre en oeuvre un vaste programme de rigueur et de réformes pour ramener le déficit, qui a atteint 9,8% du PIB en 2010, à 4,5% fin 2012.

Le ministre des Finances a assuré que l'objectif de ramener le déficit à 5,9% du PIB cette année serait atteint, notamment grâce aux recettes extraordinaires provenant du transfert des fonds de pensions des banques portugaises à la sécurité sociale et à l'Etat.

Toutefois les mesures d'austerité prévues pour l'an prochain, qui frappent principalement les fonctionnaires, ont provoqué une levée de boucliers des syndicats et des partis d'extrême gauche. Le mécontentement a culminé la semaine dernière avec une grève générale, ponctuée de manifestations dans tout le pays.

Face au risque d'une confrontation sociale et alors que le chômage devrait atteindre l'an prochain le taux record de 13,4%, le gouvernement a accepté quelques amendements pour assouplir la rigueur.

Ainsi, la suppression du 13e et du 14e mois de salaire interviendra désormais pour les fonctionnaires et les retraités dont les revenus sont supérieurs à 1.100 euros au lieu des 1.000 euros prévus dans le projet de budget.

Cet assouplissement devrait entraîner pour les caisses de l'Etat un manque-à-gagner de quelque 130 millions d'euros qui sera compensé par une hausse des taxes sur les revenus du capital.

En revanche l'incitation du gouvernement à augmenter d'une demi-heure l'horaire de travail quotidien dans le secteur privé a été maintenue.

Le budget 2012 prévoit également une hausse de la TVA sur différents produits en particulier sur la restauration où elle passera de 13% à 23% au grand dam des restaurateurs qui ont mis en garde contre la fermeture éventuelle de 21.000 établissements et 47.000 licenciements.

L'approbation du budget 2012 intervient dans une situation très délicate pour le Portugal qui risque de subir de plein fouet les contrecoups du ralentissement de l'économie au niveau mondial et de la crise qui perdure dans la zone euro.

Le gouvernement portugais et la Commission européenne ont récemment revu à la baisse leur prévision de croissance pour 2012, avec une récession qui devrait s'établir à -3% du PIB, soit la plus mauvaise performance de l'UE.

"Le plus gros risque pour le pays actuellement est lié à la dégradation économique" par rapport aux objectifs actuels du gouvernement, a affirmé mercredi soir le Premier Pedro Passos Coelho dans un entretien accordé à la chaîne de télévision Sic.

"Face à une telle situation, nous devrions bien sûr adopter de nouvelles mesures", a-t-il fait valoir.