Facebook: Encore plus puissant une fois coté?

INTERNET Sur fond de crainte d'une «nouvelle bulle Internet», l'entrée en bourse présumée de la plus célèbre des sociétés Web soulève la question de la réussite d'une telle étape dans la vie d'une société...

Bertrand de Volontat

— 

Le logo officiel de Facebook.
Le logo officiel de Facebook. — DR

Facebook devrait bien passer à l’action. Forbes et le Wall Street Journal ont révélé que le réseau social pionnier, valorisé à 100 milliards de dollars, souhaitait lever 10% de son capital sur les marchés boursiers. 

Après Groupon début novembre et LinkedIn en mai dernier, en attendant probablement Zynga et Twitter, les entreprises de la nouvelle vague Internet semblent toutes prendre la direction de la Bourse. Tel un rite de passage devenu synonyme de consécration. Mais quels sont les risques pour ces sociétés au chiffres d’affaires mirobolant et à la rentabilité solide malgré leur courte existence?

La grande question de la survalorisation

Les valorisations des sociétés du Net sont certes élevées. Gilles de Chezelles, fondateur d'A&G Project Management (AG-PM), évoque même une «valorisation irraisonnable» en ce qui concerne Facebook. «Dans le détail, le profil Facebook d’un utilisateur coûterait donc 100 dollars», rajoute-t-il. 

«Facebook est une société en forte croissance et les marchés boursiers ont un appétit pour ce genre d’entreprises. Il n’y aura pas quinze Facebook», constate Leslie Griffe de Malval, gérant des fonds technologiques chez IT Asset Management. 

Facebook profiterait ainsi de la prime au leader. Bien que les marchés ne soient pas friands des entreprises qui ne révèlent pas leurs informations financières, Facebook le fera une fois qu’il sera coté (il devra le faire une fois la barre des 500 actionnaires dépassée). «Ils parleront à ce moment-là de leur business model», précise le gérant. 

Facebook dans la lignée de l’évolution boursière de ses prédécesseurs?

A l’aube d’une éventuelle entrée en bourse, la comparaison est aisée avec les deux derniers gros ayant franchi le cap, LinkedIn et Groupon. «Ce sont deux choses différentes», rappelle-t-on du côté d’IT Asset Management.

Le premier a levé 10% de son capital et connaît une forte croissance (chiffre d’affaires 2011 en hausse notamment) et son business model est bien établi. Son action a connu en cinq mois un bond de 32%, avec toutefois quelques bas. Groupon n’a levé que 5% de son capital et a besoin d’une force commerciale importante pour progresser. Aujourd’hui, l’action a perdu 10 dollars en trois semaines (chute de 26 à 16 dollars), faisant toutefois les frais d’un marché boursier américain en berne.

Facebook pourrait profiter d’un effet de rareté et sa rentabilité est suffisamment bonne pour séduire les investisseurs sur le long terme. Il pourrait même faire mieux que simplement accroître sa valeur lors de son entrée en bourse. «Une valorisation aussi importante qu’on l’annonce aurait un effet positif sur les autres et sur le marché», explique Gilles Griffe de Malval.

Une nouvelle forme de capitalisme

Pour que le titre Facebook marche, «il faut que l’illusion de marché tienne. On peut toutefois imaginer que la chute d’une société comme Facebook serait moins grave économiquement qu’un gros industriel», poursuit Gilles de Chezelles.

«Facebook ne produit en rien en soit», si ce n’est un divertissement. «Peut-être est-ce là la nouvelle forme de l’économie moderne, un capitalisme plus volatile», conclut-on du côté d’AG-PM.

Alors, emballement ou nouveau souffle sur les marchés boursiers? Il faudra attendre quelques années de présence sur les places financières pour se faire une idée de la durée et de la qualité de vie des titres des sociétés de la nouvelle bulle Internet

Et les français dans tout ça ?

Viadeo ou encore Ventesprivées.com auront sûrement leur mot à dire sur le marché des valorisations. Les sommes ne seront à coup sûr pas aussi vertigineuses. Le marché français est trop petit et l’européen trop fragmenté pour accrocher des levées aussi importantes. Mais à l’image de Meetic coté sur Eurolist B depuis 2005, les sites français pourraient bien séduire les investisseurs.

Mots-clés :