Economie allemande: les nuages sont là mais l'orage n'éclate pas

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Les nuages se sont amassés dans le ciel allemand mais l'orage n'éclate pas. Au contraire, une série d'indicateurs sont venus conforter ces derniers temps l'impression que la première économie européenne résiste bien pour le moment.
Les nuages se sont amassés dans le ciel allemand mais l'orage n'éclate pas. Au contraire, une série d'indicateurs sont venus conforter ces derniers temps l'impression que la première économie européenne résiste bien pour le moment. — Stefan Sauer afp.com

Les nuages se sont amassés dans le ciel allemand mais l'orage n'éclate pas. Au contraire, une série d'indicateurs sont venus conforter ces derniers temps l'impression que la première économie européenne résiste bien pour le moment.

Les derniers en date mercredi, le chômage et les ventes de détail, ont positivement surpris.

Le chômage a reculé une nouvelle fois, poursuivant une tendance quasi-ininterrompue depuis mi-2009, qui l'amène à son plus bas niveau depuis plus de 20 ans. Il pointe à 6,4% de la population active, un taux à faire pâlir d'envie les voisins de l'Allemagne. En octobre, l'ensemble de la zone euro affichait un taux de chômage de 10,3%, selon un chiffre publié lui aussi mercredi.

"Aucun assombrissement n'est perceptible" sur le marché du travail, s'est félicité le président de l'Agence pour l'emploi, Frank-Jürgen Weise.

Certes, ce marché réagit avec un certain décalage aux évolutions de la conjoncture et les emplois d'aujourd'hui se nourrissent des commandes d'hier, font remarquer les économistes. Or ces commandes commencent à porter la marque du ralentissement de l'économie.

"L'évolution positive sur le marché du travail ne va pas durer indéfiniment", prédit ainsi Thilo Heidrich de Postbank, "les problèmes de la zone euro devraient faire sentir leurs effets ici aussi, avec un peu de retard".

Les exportateurs allemands comptent augmenter leurs ventes de 6% l'an prochain, grâce aux marchés émergents. Mais les problèmes des partenaires européens forcés de se serrer la ceinture vont laisser des traces.

Déjà les commandes en provenance de l'étranger au secteur des machines-outils, l'un des grands succès de l'industrie à l'export, ont reculé de 1% sur un an en octobre, a annoncé la fédération du secteur VDMA.

Celles en provenance d'Allemagne ont augmenté de 5%, permettant au chiffre total d'afficher une hausse (+1%). L'appétit des clients allemands reflète le relatif optimisme qui prévaut encore dans les entreprises du pays. Le baromètre Ifo du moral des entrepreneurs avait d'ailleurs surpris en fin de semaine dernière avec une hausse inattendue.

La bonne santé de l'emploi nourrit quant à elle un relatif optimisme des ménages et une hausse de leurs revenus, qui eux-mêmes profitent à la consommation et soutiennent la conjoncture. Les ventes de détail ont grimpé de 0,7% en octobre dans le pays, un chiffre qui là aussi a surpassé les attentes.

"Les consommateurs allemands semblent moins préoccupés par la crise de la dette que ce que l'on pense", interprète Peter Kaidusch, de Natixis. Pour Carsten Brzeski, d'ING, ils ont même visiblement trouvé dans une frénésie de shopping "leur remède bien à eux au traumatisme de la crise de la dette". Un enthousiasme inhabituel pour les Allemands, et auquel une série d'accords salariaux favorables ne sont sans doute pas étrangers.

La fédération du commerce de détail HDE a fait état lundi de bonnes ventes lors du week-end de l'Avent, coup d'envoi de la saison de Noël.

Le quatrième trimestre a même de bonnes chances d'afficher une croissance du Produit intérieur brut (PIB), pronostiquent plusieurs analystes, dont Alexander Koch d'Unicredit qui mise sur +0,2%.

Mi-octobre encore, les principaux instituts de conjoncture du pays tablaient sur un recul du PIB à la fin de l'année, et il y a quelques semaines le terme de récession n'était pas tabou.

Le danger est toutefois toujours loin d'être écarté. Si la crise européenne de la dette empirait encore, "toutes les prévisions seraient caduques", a prévenu mardi le président de la fédération des exportateurs BGA, Anton Börner.