Le FMI prêt à soutenir l'Italie mais avec la contribution de la BCE

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Le Fonds monétaire international (FMI) est prêt à soutenir l'Italie, à condition que la Banque centrale européenne contribue d'une manière ou d'une autre, a-t-on déclaré mercredi à l'AFP de source proche du dossier.
Le Fonds monétaire international (FMI) est prêt à soutenir l'Italie, à condition que la Banque centrale européenne contribue d'une manière ou d'une autre, a-t-on déclaré mercredi à l'AFP de source proche du dossier. — Cris Bouroncle afp.com

Le Fonds monétaire international (FMI) est prêt à soutenir l'Italie, à condition que la Banque centrale européenne contribue d'une manière ou d'une autre, a-t-on déclaré mercredi à l'AFP de source proche du dossier.

Le FMI a démenti officiellement, mardi, pour la troisième fois en trois jours avoir entamé des discussions avec l'Italie et l'Espagne sur un éventuel prêt.

«Il n'y a pas de discussions aujourd'hui et il est prématuré de dire que le FMI prépare un plan», a confirmé à l'AFP la source proche du dossier. «Mais s'il fallait aider l'Italie, le FMI serait prêt à le faire, c'est une possibilité pas du tout exclue», a-t-elle ajouté.

Toutefois, il faudrait d'abord que le gouvernement italien de Mario Monti présente ses mesures pour parvenir à l'équilibre budgétaire en 2013, a-t-elle souligné.

Surtout, le FMI n'a pas assez de ressources pour un programme d'envergure. «Un programme pour l'Italie n'aurait d'utilité que si la BCE entre dans le jeu», affirme-t-on de même source.

Cela pourrait prendre par exemple la forme de prêts de l'institut monétaire de Francfort à l'institution financière de Washington.

Selon cette source, il n'y a pas encore eu de discussion formelle avec la BCE sur ce point. «Il faut lui donner un maximum de confort pour qu'elle soit sûre de ne pas prêter à fonds perdus, elle doit avoir la certitude que Mario Monti peut faire adopter ses mesures, et il ne faut pas qu'il y ait trop d'interférences politiques», a-t-elle détaillé.

La BCE, fermement soutenue par l'Allemagne, rechigne à intervenir davantage pour contrer la propagation de la crise de la dette dans la zone euro, pour ne pas dévier de sa mission officielle qui consiste à juguler l'inflation, et par crainte de voir les gouvernements relâcher leurs efforts budgétaires s'ils ont la certitude qu'elle les aidera quoi qu'il en soit.

En outre, le statut de la banque centrale lui interdit de prêter aux Etats. Ce nœud juridique pourrait être contourné si elle prêtait au FMI qui ensuite répercuterait ces fonds vers les Etats européens en difficulté, selon plusieurs sources. «Juridiquement, c'est faisable», assure un diplomate européen.

Mais cette voie se heurte à un autre écueil juridique, selon une autre source proche du dossier, car la BCE n'est pas membre du FMI.

«La BCE n'est pas membre du FMI. C'est une organisation des Etats donc il est difficile de voir comment la BCE entrerait dans ce cadre», a expliqué cette source à l'AFP.

Interrogé sur cette question mardi à Dallas, aux Etats-Unis, le chef économiste de la BCE, Jürgen Stark, a donné la même réponse, selon l'agence Bloomberg. «Nous ne sommes pas membre du FMI», a-t-il déclaré.

La presse italienne a évoqué ces derniers jours un éventuel plan d'aide de 400 milliards d'euros du FMI en faveur de Rome, qui permettrait à l'Italie de mettre en œuvre ses réformes sans subir la pression des marchés pendant au moins un an.

«Mais le FMI ne dispose plus que de moins de 300 milliards d'euros, et ne peut pas tout consacrer à un seul pays», rappelle-t-on de source proche du dossier.

Les ministres des Finances de la zone euro ont d'ailleurs décidé mardi soir à Bruxelles d'accélérer une éventuelle augmentation des ressources du FMI via des prêts bilatéraux des pays de l'Union monétaire. Leur idée est aussi d'encourager la BCE, indépendante, à prêter de l'argent au FMI.