L'Etat confie Alstom à Bouygues

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Deux ans après avoir sauvé de la faillite Alstom, l'Etat sort du capital du groupe industriel français conformément aux exigences de la Commission européenne et tout en jouant la carte du patriotisme économique, en vendant sa part à Bouygues.
Deux ans après avoir sauvé de la faillite Alstom, l'Etat sort du capital du groupe industriel français conformément aux exigences de la Commission européenne et tout en jouant la carte du patriotisme économique, en vendant sa part à Bouygues. — Olivier Laban-Mattéi AFP

Deux ans après avoir sauvé Alstom de la faillite, l'Etat est sorti hier du capital du groupe d'énergie et de transports français. C'était la condition imposée par la Commission européenne en 2004 pour lui permettre de voler à son secours. Le géant mondial du bâtiment, de l'immobilier, des médias et des télécoms Bouygues a pris le relais en rachetant la part de l'Etat. « Nous pensons que si Alstom peut beaucoup apporter à Bouygues, Bouygues peut apporter beaucoup à Alstom », a déclaré hier son PDG, Martin Bouygues, lors d'une conférence de presse avec le patron d'Alstom, Patrick Kron. Ce partenariat, de trois ans minimum, mettra « un point final à une période troublée », a indiqué ce dernier.

En entrant dans Alstom, Bouygues met le pied dans le secteur énergétique, et notamment celui des énergies renouvelables, en vogue depuis la flambée du pétrole. Les deux groupes vont créer une société commune à laquelle Alstom apportera toute son activité hydroélectrique, où il est le leader mondial. Et fort de son savoir-faire dans le BTP, Bouygues compte se lancer dans la construction de centrales hydroélectriques.

A. B. (avec AFP)

L'Etat, qui avait jusqu'en 2008 pour quitter Alstom, empoche 1,26 milliard d'euros de plus-value. Bouygues va en effet débourser 1,98 milliard d'euros pour une part achetée 720 millions d'euros par l'Etat en 2004.