Quel serait le coût d'une sortie de la zone euro?

ECONOMIE Le risque de la fin de la zone euro ou de sa fragmentation n'est plus tabou...

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Le risque de la fin de la zone euro ou de sa fragmentation entre des pays qui iraient de l'avant et d'autres restant au bord de la route est désormais ouvertement évoqué, avec des conséquences imprévisibles tant l'imbrication des différentes économies est étroite.
Le risque de la fin de la zone euro ou de sa fragmentation entre des pays qui iraient de l'avant et d'autres restant au bord de la route est désormais ouvertement évoqué, avec des conséquences imprévisibles tant l'imbrication des différentes économies est étroite. — Stan Honda afp.com

Le risque de la fin de la zone euro ou de sa fragmentation entre des pays qui iraient de l'avant et d'autres restant au bord de la route est désormais ouvertement évoqué, avec des conséquences imprévisibles tant l'imbrication des différentes économies est étroite.

Ces scénarios qui servaient d'épouvantail au début de la crise montent en puissance et beaucoup estiment même désormais que l'euro ne passera pas la fin de l'année.

Preuve du pessimisme ambiant, l'agence de notation financière Moody's vient de tirer la sonnette d'alarme en affirmant que l'aggravation rapide de la crise menace les notes de tous les Etats européens, même les plus solides comme l'Allemagne, la Finlande ou les Pays-Bas.

Risque de «défaillances multiples»

Pire, en l'absence de solution, un risque de «défaillances multiples (...) d'Etats de la zone euro» n'est plus «négligeable», pointe Moody's.

Un tel scénario déboucherait sur un démantèlement de l'euro, plus de douze ans après sa création, avec un risque de réactions en chaîne (faillite des entreprises, effondrement du système bancaire et des échanges commerciaux). Cela conduirait à l'affaiblissement de l'Union européenne au plan international.

Dans une étude, la banque helvétique UBS a tenté d'évaluer le coût d'une sortie de la zone euro: selon ses calculs, cela se situerait entre 9.500 euros et 11.500 euros par habitant la première année pour un pays endetté et affaibli, soit près de la moitié de la richesse produite par le pays.

Pour un Etat du noyau dur de la zone euro, comme l'Allemagne, le coût serait compris entre 6.000 et 8.000 euros par adulte la première année.

Un coût supérieur à la crise de 2008

Autant dire que la facture dépasserait largement la crise financière de 2008 précipitée par la faillite de la banque américaine Lehman Brothers.

Afin de limiter la casse, le tandem franco-allemand travaille actuellement à plusieurs options pour réformer l'Union européenne et sortir de la crise, et n'exclut pas d'avancer en petit comité si nécessaire.

Parmi les projets à l'étude, la mise en place d'un mini-traité de renforcement du Pacte de stabilité pour les pays de la zone euro qui le souhaiteraient.

«S'il y avait des refus» sur la réforme des traités «nous aurions une autre stratégie», éventuellement via des «accords intergouvernementaux», ce qui pourrait exclure certains Etats récalcitrants, avait prévenu jeudi le président français Nicolas Sarkozy lors d'un mini-sommet européen à Strasbourg.

La solution: Une réforme des traités

«L'approche envisagée est de réaliser une réforme des traités d'abord à 27. S'il y a des pays parmi les 27 qui font des difficultés, qui estiment que ce n'est pas possible, cela passe alors» aux seuls pays de la zone euro, développe un diplomate européen. «Toutefois, si un ou deux pays de l'Union monétaire ne veut pas participer, on ne se laissera pas retenir par eux», précise-t-il.

Un projet qui agace la Commission européenne.

«Si le but final est de sauvegarder la stabilité de la zone euro, il va de soi que la fragmentation ne sert pas cet objectif, toute proposition doit être basée sur la préservation de l'unité de la zone euro», a répliqué le porte-parole aux Affaires économiques, Amadeu Altafaj lundi lors d'un point de presse.

En outre, «pour éviter de mettre fin à l'Union européenne, il faut faire attention aux relations entre les 17 de la zone euro et les 10 autres pays n'en faisant pas partie», avertit le groupe de réflexion European Policy Centre (EPC).

En attendant, les marchés attendent toujours une réponse massive à la crise de la dette et comptent pour ce, sur la Banque centrale européenne (BCE) qui pourrait racheter en grande quantité de la dette d'Etats en difficulté ou sur le Fonds monétaire international. Des rumeurs, pourtant démenties, selon lesquelles le FMI pourrait débloquer entre 400 et 600 milliards d'euros en faveur de l'Italie faisaient rebondir les Bourses lundi à la mi-journée.