La zone euro n'éclatera pas selon le patron de la Banque de France

Reuters

— 

L'économie italienne est fondamentalement solide et devrait être en mesure de regagner la confiance des marchés si le pays fait preuve de discipline budgétaire, a estimé lundi Christian Noyer, excluant tout éclatement de la zone euro imputable à la crise des dettes souveraines.

Le gouverneur de la Banque de France qui siège au conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), a souligné que, malgré un niveau d'endettement élevé, la troisième économie de la zone euro affiche un excédent budgétaire primaire et possède une solide base industrielle.

Le solde primaire du budget exclut le service de la dette et les produits des émissions d'obligations.

L’Italie n’est pas faible

«L'Italie ne devrait pas être considérée comme une économie faible», a dit Christian Noyer devant des journalistes à Tokyo.

«Un éclatement de la zone euro est hors de question. Il n'y a pas de plan B.»

Il a dit ne pas être en mesure de commenter une information de presse faisant état d'une possible aide financière internationale à l'Italie.

L'euro, sous pression baissière depuis des semaines, a repris des couleurs après la publication par le quotidien italien La Stampa d'un article selon lequel le Fonds monétaire international étudiait la possibilité de prêter à Rome jusqu'à 600 milliards d'euros à un taux préférentiel pour soulager le pays face à la pression des marchés.

Christian Noyer a dit qu'il n'était pas en mesure de commenter l'information. Le FMI a officiellement déclaré lundi qu'aucune discussion n'était engagée avec les autorités italiennes sur un plan de financement.

Une source informée a confié à Reuters que les contacts entre le FMI et Rome s'étaient intensifiés ces derniers jours.

Le responsable a toutefois dit ignorer sous quelle forme le FMI pourrait soutenir l'Italie - facilité de prêt traditionnelle ou ligne de crédit préventive - au cas où une nouvelle envolée des rendements des obligations italiennes deviendrait insoutenable.

«La vertu sera récompensée»

Des rachats massifs de dette souveraine par la BCE, un accroissement de la puissance de tir du Fonds européen de stabilité financière (FESF), tout comme l'émission d'obligations communes à la zone euro, sont des pistes couramment évoquées pour sortir l'Europe de la crise.

Mais Christian Noyer s'est dit opposé à ce que la BCE augmente ses achats de dette des pays fragilisés de la zone euro, estimant que cette position finirait par payer en préservant la stabilité des prix et en protégeant la valeur de l'euro sur le long terme.

«Je suis convaincu que la vertu sera récompensée au final», a déclaré dans un discours le gouverneur de la Banque de France.

«Au cours de la prochaine décennie, les marchés et les prêteurs feront confiance aux devises qui, quelles que soient les circonstances, sont gérées selon une priorité absolue: le maintien de la stabilité des prix et la valeur intrinsèque de l'unité de compte», a-t-il dit, ajoutant qu'il dépendait des gouvernements européens de soutenir durablement la liquidité.

Pas d’inquiétude pour les banques françaises

Christian Noyer a précisé que les banques françaises n'avaient pas de problèmes majeurs de financement et ne nécessitaient pas de facilités de prêts comme celles qui leur avaient été accordées d'urgence lors de la crise de crédit de 2008.

Il a qualifié de «déraisonnable» la récente hausse des rendements des obligations de la France et le repli des titres des banques françaises, jugeant que la position budgétaire de la France était plus solide que celle de nombreux autres pays.

Il a enfin jugé que l'implication des investisseurs privés dans les sauvetages des pays en difficulté n'avait fait qu'aggraver les problèmes en remettant en cause l'idée que les dettes souveraines étaient exemptes de risques.