Moody's s'alarme de l'aggravation de la crise en Europe

ECONOMIE Elle menace la notation de la dette de tous les pays européens...

Reuters

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"La France et l'Allemagne ont décidé de convoquer Georges Papandréou pour qu'on s'explique avant le G20", a expliqué à l'AFP une source gouvernementale française. "Il fallait réagir immédiatement."
"La France et l'Allemagne ont décidé de convoquer Georges Papandréou pour qu'on s'explique avant le G20", a expliqué à l'AFP une source gouvernementale française. "Il fallait réagir immédiatement." — Jesco Denzel afp.com

Les nuages noirs s’amoncellent sur la zone euro. L'aggravation de la crise financière pèse sur les perspectives de notation de la dette souveraine de tous les pays européens, a estimé lundi l'agence de notation Moody's.

«Même si le scénario central de Moody's demeure que la zone euro sera préservée sans autres défauts étendus, ce scénario «positif» comporte lui-même des implications de rating très négatives dans la période transitoire», écrit l'agence dans une note.

Moody's Investor Service juge que la volonté politique nécessaire à la mise en oeuvre d'un plan efficace contre la crise pourrait bien n'émerger qu'à l'issue d'une série de chocs, ce qui pourrait impliquer que de nouveaux pays soient privés de financement sur les marchés et soient amenés à solliciter un soutien extérieur.

Risque de dégradation

«Cela provoquerait très probablement la dégradation de la note souveraine de ces pays dans la catégorie spéculative en raison des tests de solvabilité qui seraient sans doute requis et du partage du fardeau qui pourrait être imposé si un soutien devait se révéler nécessaire pendant une période prolongée», ajoute l'agence.

L'Italie et l'Espagne sont confrontés depuis des semaines à une envolée du coût de leurs emprunts sur les marchés, un phénomène qui a déjà contraint la Grèce, l'Irlande et le Portugal à solliciter un plan de sauvetage.

La Stampa a rapporté dimanche que le Fonds monétaire international étudiait la possibilité de prêter à Rome jusqu'à 600 milliards d'euros à un taux préférentiel sur douze ou dix-huit mois afin de soulager la pression sur l'Italie.

Moody's estime que la zone euro approche d'un moment-clé, qui pourrait déboucher soit sur une intégration plus poussée, soit sur une désintégration.

La probabilité de défaut augmente

«La probabilité de multiples défauts par les pays de la zone euro n'est plus négligeable. Du point de vue de Moody's, plus la crise de liquidités se prolonge, plus la probabilité de défauts va augmenter rapidement.»

De tels défauts augmenteraient les risques de voir un ou plusieurs membres contraints de quitter la zone euro.

«Moody's estime que le scénario de sorties multiples - en d'autres termes une fragmentation de l'euro - aurait des répercussions négatives sur la notation de crédit souveraine de toute la zone euro et de l'Union européenne», ajoute l'agence.

En l'absence d'initiatives politiques majeures dans un proche avenir qui stabiliseraient les conditions de crédit sur les marchés, Moody's prévient que «toute l'architecture de ses notations au sein de la zone euro, et peut-être ailleurs au sein de l'UE, devrait être révisée».