Dubai relance la compétition entre Airbus et Boeing

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L'avionneur européen Airbus a creusé son avance sur Boeing sur le marché des monocouloirs au salon de Dubai, mais son rival a fait comme lui 20 milliards de dollars de ventes et imposé ses gros porteurs.
L'avionneur européen Airbus a creusé son avance sur Boeing sur le marché des monocouloirs au salon de Dubai, mais son rival a fait comme lui 20 milliards de dollars de ventes et imposé ses gros porteurs. — Eric Piermont afp.com

L'avionneur européen Airbus a creusé son avance sur Boeing sur le marché des monocouloirs au salon de Dubai, mais son rival a fait comme lui 20 milliards de dollars de ventes et imposé ses gros porteurs.

Airbus a vendu 130 A320 Neo et obtenu 152 engagements pour cette version de son monocouloir A320 (150 à 180 passagers) lors de ce salon aéronautique qui ferme ses portes jeudi.

"Notre A320 Neo a de nouveau été la vedette du salon", a déclaré mercredi le directeur commercial d'Airbus John Leahy. Ce modèle, qui sera disponible fin 2015, avait déjà battu des records au salon du Bourget, près de Paris, en juin dernier, avec plus de 650 ventes et engagements.

Ces accords portent à 1.420 le total des commandes et engagements pour le "Neo", lancé en décembre, qu'Airbus présente comme "l'appareil le plus vendeur de l'histoire de l'aviation commerciale".

Mais Boeing n'est pas loin derrière, avec 700 commandes et engagements pour son 737 MAX qu'il vient de lancer le 31 août, même s'il n'en a pas vendu à Dubai. Cette version remotorisée de son best seller 737 entend faire encore mieux que les 15% d'économies promis par Airbus. Les premières livraisons sont attendues pour 2017.

Au cours des dix dernières années, Boeing et Airbus se partageaient à égalité le marché des monocouloirs.

"Nous avons un écart à rattraper. Mais nous allons revenir à notre part de 50% du marché et même voir si nous pouvons aller au delà", a déclaré à l'AFP le vice-président de Boeing pour le marketing Randy Tinseth.

M. Leahy lui--même a reconnu qu'Airbus ne pourrait pas maintenir une part du marché qu'il évalue à 70%. "Nous ne voulons pas rester au niveau où nous sommes aujourd'hui. Nous voudrions maintenir notre part du marché dans une fourchette de 50 de 60%, que j'estime tenable dans une situation de duopole", a-t-il déclaré à la presse.

Sur le secteur des gros porteurs en revanche, Boeing a frappé très fort avec une commande sans précédent de 777-300 ER passée par Emirates Airlines à l'ouverture du salon. D'un seul coup, l'avionneur de Seattle empochait 18 milliards de dollars et confirmait son emprise sur un secteur qu'il a créé en lançant le 747 Jumbo dans les années 60.

Vantant les mérites du 777, qui transporte 365 passagers, M. Tinseth s'est félicité: "ça a été une année de succès incroyables pour cet avion, et ses ventes ont battu les records", s'est félicité M. Tinseth.

Boeing a décroché 184 commandes de 777 cette année, dont 52 annoncées à Dubai, battant le record de 154 établi en 2005.

Le constructeur américain a déjà vendu plus de 1.300 "triple 7" depuis son lancement en 1990. Il a mis en chantier ce mois-ci le millième exemplaire.

John Leahy lui-même a reconnu qu'Airbus avait laissé le champ libre à Boeing, l'A350-1000 qu'il pourra lui opposer n'étant pas attendu avant 2017, deux ans pus tard que prévu à l'origine.

"Il est certain que si vous avez besoin d'un avion maintenant, vous allez acheter un 777, pas un A350, ni un A340", a-t-il déclaré aux journalistes. Airbus a décidé ce mois-ci d'arrêter la production de l'A340, un quadri-réacteur qui avait perdu la compétition avec le 777.