Des inégalités, oui, mais un peu moins

SOCIAL Un rapport 2011 de l'Insee montre que les durées d'emploi augmentent pour les bas revenus...

Alexandre Sulzer

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Bulletin de paie, image d'illustration.
Bulletin de paie, image d'illustration. — F. DURAND / SIPA

Les inégalités de revenus salariaux restent fortes, mais ont diminué légèrement entre 1995 et 2009. C'est l'un des principaux enseignements du portrait social de la France que l'Insee rend public aujourd'hui.

Travailler à temps plein toute l'année, ça change tout

 

Une très grosse partie (84 %) des différences de revenus salariaux que les Français touchent chaque année s'expliquent non pas par des disparités de salaire horaire, mais par des disparités de durée d'emploi, souligne l'Insee.

En clair : le niveau de salaire influe moins sur les disparités que le travail partiel ou les périodes de chômage. Or, entre 1995 et 2009, les disparités de durée d'emploi ont diminué de 14 %. C'est surtout les bas salaires qui ont vu leur durée d'emploi augmenter (de 14 jours par an).

Résultat : les inégalités de revenus ont baissé. En 2009, le quart des personnes aux revenus salariaux les plus hauts (en moyenne 38.749 euros annuels) n'ont perçu «que» dix fois plus que les 25 % les plus bas (3.891 euros). C'est beaucoup, mais de la fin des années 1970 au milieu des années 1990, ils gagnaient douze fois plus ! En 2009, le revenu salarial moyen s'établit à 19.300 euros annuel.

Mais ce chiffre cache de fortes disparités, notamment entre hommes et femmes (voir inographie). Celles-ci ont un revenu annuel inférieur en moyenne de 25 %. Leur salaire horaire est, lui, plus bas de 19 %. Mais l'importance du temps partiel féminin accentue la différence.

Cela dit, l'écart hommes-femmes était plus élevé avant la crise de 2008, dont les hommes ont davantage souffert (surreprésentation dans les secteurs les plus exposés, part variable du salaire plus importante...).

Enfin, si les moins de 25 ans et les ouvriers font partie des catégories «pauvres», ils peuvent se réjouir : leurs revenus ont augmenté plus rapidement que la moyenne (+ 0,8 % par an) entre 1995 et 2009.

Satisfaits de leur qualité de vie
 

Sur une échelle de 0 à 10, les Français attribue un 7,3 à leur niveau de satisfaction dans la vie. Les 10 % les plus modestes mettent 6, alors que les 10 % les plus aisés donnent 7,8. Les difficultés matérielles, comme le logement ou les retards de paiement, influent beaucoup sur la note.