Nouveau plan de rigueur: les économistes sont sceptiques

Reuters
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Le débat sur un éventuel relèvement de la TVA, lancé par plusieurs parlementaires, "n'est pas tranché", a affirmé jeudi le ministre de l'Economie, François Baroin, en précisant qu'il revenait aux responsables de l'exécutif de rendre les arbitrages nécessaires.
Le débat sur un éventuel relèvement de la TVA, lancé par plusieurs parlementaires, "n'est pas tranché", a affirmé jeudi le ministre de l'Economie, François Baroin, en précisant qu'il revenait aux responsables de l'exécutif de rendre les arbitrages nécessaires. — Mehdi Fedouach afp.com

Bruno Cavalier, économiste chez Oddo, à Reuters:

«C'est un peu comme il y a deux mois, on fait un peu de saupoudrage pour garantir que l'objectif d'un déficit public à 4,5% du PIB en 2012 sera tenu. Ce n'est évidemment pas la fin de l'histoire. Comme je ne crois pas à l'hypothèse d'une croissance de 1% l'année prochaine mais que je pense que l'on sera plus proche de zéro, le risque est que le gouvernement ait à revenir à la charge d'ici quelque temps.»

«Aujourd'hui le gouvernement est pris entre deux contraintes, celle des élections et celle de rester dans la même classe que l'Allemagne. Pour ne pas perdre le 'triple A', le gouvernement ne peut pas se permettre de dévier du chemin qui ramène le déficit dans les clous de Maastricht. Il fait des ajustements cosmétiques à chaque fois que l'affaiblissement de la croissance les rend nécessaires.»



Philippe Waechter, économiste chez Natixis Asset Management, à Reuters:

«On reste pour 2012 sur un scénario macroéconomique assez positif : 7 milliards d'économies sur 2012 ça correspond à une croissance un peu plus robuste que ce qu'imaginent les économistes. Je pense qu'on sera obligé de revenir un peu là-dessus.»

«Un des aspects importants sur la question du 'triple A' c'est la problématique liée à la croissance et là on ne voit pas très bien comment on gère cette situation. Je n'arrive pas encore à voir dans ces annonces des éléments qui peuvent laisser imaginer que le 'triple A' français puisse être maintenu quoi qu'il arrive.»



Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel BCG, à Reuters:

«C'est sans grande surprise et cela n'a pas eu un impact sur le spread de taux entre l'Allemagne et la France qui s'est même un peu écarté après les annonces.»

«Ce sont des mesures défensives et le risque c'est qu'une poursuite du ralentissement de l'activité remette en cause l'objectif de réduction des déficits. Nous ne sommes pas encore dans ce cercle vicieux mais le risque c'est que nous y entrions.»



Marc Touati, économiste chez Assya Compagnie Financière, sur LCI:

«On fait avant tout du marketing: il faut rassurer notamment les agences de notation parce qu'il est clair que si on ne fait rien on va être dégradé dans les trois prochains mois.»

«Avec ces mesures, normalement on devrait maintenir le 'triple A' de la France au moins jusqu'à l'élection présidentielle.»

«On fait du marketing pour dire : «on va le faire» mais l'essentiel des mesures va porter sur 2012-2013-2014, ca veut dire que le gouvernement actuel n'aura peut-être pas à les faire. C'est un peu dommageable.»

«Clairement, on oublie l'essentiel, c'est-à-dire le fait qu'il n'y a pas de croissance aujourd'hui. Nous sommes au bord de la récession, on n'est même pas sûr de faire 1% de croissance l'année prochaine. Et à partir de là, tout ce qui est annoncé là, c'est bien joli (mais) ça risque d'être difficile.»