Le rôle de la BCE "n'est pas de financer indéfiniment les Etats" pour Christian Noyer

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Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, estime que le "rôle" de la Banque centrale européenne, "n'est pas de financer indéfiniment les Etats" et que la réponse à la crise "ne passe pas par la planche à billets des banques centrales".
Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, estime que le "rôle" de la Banque centrale européenne, "n'est pas de financer indéfiniment les Etats" et que la réponse à la crise "ne passe pas par la planche à billets des banques centrales". — Eric Piermont afp.com

Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, estime que le "rôle" de la Banque centrale européenne, "n'est pas de financer indéfiniment les Etats" et que la réponse à la crise "ne passe pas par la planche à billets des banques centrales".

"A l'occasion de la crise, la BCE a été amenée à racheter la dette de certains pays dont les taux d'intérêt s'envolaient. Le rôle de la BCE n'est pas de financer indéfiniment les Etats", a déclaré M. Noyer dans un entretien publié par l'hebdomadaire Le Journal du Dimanche.

"La solution passe par la réparation des finances publiques des pays de la zone euro. Pas par la planche à billets des banques centrales. Tous, avec plus ou moins d'ampleur, ont vécu au-dessus de leurs moyens pendant des décennies", juge-t-il.

La BCE avait surpris le 3 novembre en abaissant son principal taux directeur de 25 points de base à 1,25%, prenant note de la détérioration de la situation économique. Son nouveau président Mario Draghi avait cependant appelé les gouvernements de la zone euro à ne pas trop compter sur son institution pour résoudre la crise de la dette, mais plutôt sur "leur capacité à se réformer eux-mêmes".

Questionné sur une éventuelle recapitalisation des banques françaises, M. Noyer estime que "si certaines le souhaitent, elles peuvent solliciter leurs actionnaires ou sociétaires, mais pas l'Etat".

"En tant que superviseur, je veillerai à ce que [les banques] fassent preuve de modération dans leur politique de distribution des dividendes, rémunérations et bonus. Nous avons ajouté des procédures de contrôle pour nous en assurer. Il est crucial qu'elles continuent de financer l'économie du pays", a résumé M. Noyer.