Dépitée, Wall Street s'attend à être encore chahutée par l'Europe

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La Bourse de New York évoluait en légère hausse lundi matin, suspendue aux développements en Italie, pays qui focalise désormais toute l'attention dans le dossier de la crise européenne de la dette: le Dow Jones prenait 0,44% et le Nasdaq 0,18%
La Bourse de New York évoluait en légère hausse lundi matin, suspendue aux développements en Italie, pays qui focalise désormais toute l'attention dans le dossier de la crise européenne de la dette: le Dow Jones prenait 0,44% et le Nasdaq 0,18% — Spencer Platt afp.com

Wall Street attend peu de la semaine prochaine, tant la situation en Europe continue de monopoliser l'attention des marchés comme l'a montré la saga du référendum grec, et pousse les investisseurs à la prudence malgré la poursuite de la reprise américaine.

Après avoir nettement diminué fin octobre, la volatilité est repartie en hausse cette semaine et «devrait rester (forte) en attendant un règlement sur la Grèce et l'Europe», a expliqué Michael James, analyste chez Wedbush Securities. Sur la semaine écoulée, le Dow Jones a reculé de 2,03%, après cinq semaines consécutives de hausse, terminant vendredi à 12.983,24 points.

Besoin de clarté sur les dettes souveraines en Europe

Le Nasdaq, à dominante technologique, a perdu 1,86% à 2.686,15 points et l'indice élargi Standard & Poor's 500 2,48% à 1.253,23 points. «Nous avons besoin de clarté sur les dettes souveraines en Europe», a insisté M. James. «On a un peu avancé, il semble que l'Europe ait compris la gravité des problèmes et prenne des actions pour y répondre», a relevé de son côté Mace Blicksilver, directeur du cabinet de gestion d'actifs Marblehead.

Sous pression internationale, à commencer par celles du couple franco-allemand, Athènes a finalement abandonné son projet de référendum sur le plan européen, perçu comme une menace pour la stabilité de la monnaie commune.

Le lancement du plan anti-crise reste toutefois tributaire des débats au parlement grec, où le Premier ministre Georges Papandréou, dont la majorité est fragile, devait préparer une alliance avec la droite pour garantir la mise en place des mesures d'austérité. «Aux Etats-Unis, on est toujours otage de la situation en Europe», a déploré M. Blicksilver, avertissant que «l'attention allait se déplacer vers d'autres pays, en particulier l'Italie».

Les marchés ne semblent plus croire à la capacité de l'Italie de faire face à la crise

«La situation en Grèce semble impossible à résoudre mais ce n'est rien à côté d'une économie comme celle de l'Italie», a-t-il fait valoir. Rome a été placée sous surveillance du FMI à l'issue du sommet du G20 de Cannes. Malgré l'adoption cet été de mesures d'austérité devant lui permettre de parvenir à l'équilibre budgétaire en 2013 et de réduire sa dette colossale (120% du PIB), les marchés ne semblent plus croire à la capacité de l'Italie de faire face à la crise.

En outre, Wall Street s'inquiète de voir «l'Europe se diriger vers la récession. Ce danger s'ajoute aux pressions financières que font peser les pays d'Europe du sud», a pointé Frederic Dickson, de DA Davidson.

Inquiétudes sur le front américain

Sur le front américain, les rendez-vous de la semaine ont été ternes. La banque centrale des Etats-Unis (Fed) a quelque peu déçu en maintenant le cap de sa politique monétaire ultra-accommodante fixé en septembre, tout en se disant prête à prendre des mesures supplémentaires pour renforcer la reprise. Pour Nigel Gault, chef économiste chez IHS Global Insight, «aucune des actions (que pourrait lancer ultérieurement la Fed) n'aidera vraiment la croissance» américaine.

Le taux de chômage a reculé de 0,1 point en octobre, pour atteindre 9,0%, son plus faible niveau en six mois. C'est mieux que les attentes des analystes, mais le net ralentissement du solde net des embauches pendant cette période -80.000 créations de postes, soit 50% de moins qu'en septembre- a déçu le marché.

En outre, a remarqué M. Blicksilver, après la progression spectaculaire qu'a connu Wall Street en octobre, «il va être difficile de faire mieux dans les semaines à venir». La semaine à venir sera pauvre en termes de statistiques, à l'exception des chiffres de la balance commerciale attendus jeudi.