Marc Verstaen : «L'entrepreneur n'est pas très bien perçu en France»

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Marc Verstaen, PDG français d'une société américaine, à San Francisco.

Vous êtes patron en France et aux Etats-Unis. Où est-il plus facile de créer une société ?

En France ! Quand j'ai lancé Lorienne, une entreprise de cartographie, cela nous a pris deux jours, avec mon épouse. Aux Etats-Unis, ce n'est pas possible sans avocat.

Alors pourquoi avoir traversé l'Atlantique ?

J'ai découvert la Silicon Valley en 1995 pendant des vacances. La région m'a plu et j'ai eu envie d'y créer Beatware, une entreprise fournissant des sites Internet pour les téléphones portables.

Vous auriez pu la fonder en France...

Pas à l'époque, car il y avait peu d'investisseurs prêts à prendre des risques pour financer des projets.

Est-ce toujours vrai ?

La situation a beaucoup évolué. On trouve désormais des fonds, à condition de présenter son idée en se mettant dans la peau des investisseurs. Mais ce n'est pas dans la culture des Français, meilleurs techniciens que commerciaux.

Quels sont les avantages d'être patron aux Etats-Unis ?

En France, l'entrepreneur n'est pas très bien perçu alors qu'ici, c'est la crème. Du coup, les meilleurs éléments vont travailler dans le privé, plutôt que pour l'Etat. Et, le licenciement est très peu encadré.

Et les inconvénients ?

Ici, il n'y a ni système de retraite ni d'assurance-maladie. Un ingénieur français coûte donc moins cher et vit mieux que son collègue américain, malgré les charges sociales.

Recueilli par A. B.