Crise de la dette: Le FESF garde son «triple A»

ÉCONOMIE ne annonce qui devrait rassurer les investisseurs...

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La note de solvabilité "triple A" du Fonds de secours des pays en difficulté de la zone euro (FESF) a été confirmée par les trois agences de notation, Standard and Poor's, Moody's et Fitch, annonce le FESF samedi dans un communiqué.
La note de solvabilité "triple A" du Fonds de secours des pays en difficulté de la zone euro (FESF) a été confirmée par les trois agences de notation, Standard and Poor's, Moody's et Fitch, annonce le FESF samedi dans un communiqué. — Daniel Roland afp.com

Le Fonds de secours de la zone euro (FESF) a annoncé ce samedi la confirmation de la note «triple A» que lui ont attribuée les agences de notation, une annonce qui devrait contribuer à rassurer les investisseurs au moment où l'Italie peine de plus en plus à financer sa dette.

«La confirmation de la meilleure note possible montre la confiance placée en la zone euro pour rétablir la stabilité financière», a déclaré le directeur du Fonds, Klaus Regling, dans un communiqué. Le FESF souligne que la confirmation de ce «triple A» par les trois agences (Standard and Poor's, Moody's et Fitch) intervient «à la suite de l'entrée en vigueur le 18 octobre des amendements» décidés en juillet par les dirigeants de la zone euro pour renforcer une première fois le Fonds.

Une capacité de prêt de 440 milliards d'euros

A la suite de ce renforcement, entériné par l'ensemble des parlements des 17 entre juillet et mi-octobre, le Fonds dispose actuellement d'une capacité de prêt de 440 milliards d'euros. Il peut aussi désormais acheter de la dette publique d'Etats en difficulté sur le marché «secondaire» où s'échangent les titres déjà en circulation.

Il n'empêche que l'annonce du maintien du «triple A» tombe dans la foulée du sommet de crise de mercredi à Bruxelles, à l'issue duquel les pays de l'union monétaire ont décidé de démultiplier la puissance de feu du FESF pour lui permettre d'aider des pays comme l'Italie ou l'Espagne. Sa capacité d'intervention doit ainsi passer ainsi à 1.000 milliards d'euros à terme par un effet de levier.

Le FESF, «pierre angulaire de la stratégie de l'Union européenne»

Standard and Poor's, qui avait annoncé dès vendredi soir le maintien de la note «AAA» du FESF, a d'ailleurs explicitement fait référence à ces nouvelles annonces. L'agence a expliqué qu'elle «considérait comme "quasi certaine" la probabilité que les Etats membres fourniront au Fonds, en cas de besoin, un soutien extraordinaire en quantité suffisante et en temps utile».

Pour S&P, le FESF est «la pierre angulaire de la stratégie de l'Union européenne destinée à ramener à la stabilité le marché de la dette publique des Etats de la zone euro et à préserver la confiance des investisseurs dans le système financier européen».

Les marchés continuent de douter de la crédibilité du gouvernement Berlusconi

De ce fait, estime l'agence, «les Etats membres feront en sorte que le FESF puisse s'acquitter à l'heure et intégralement de ses obligations vis-à-vis de ses créanciers». La note «AAA» permet au FESF de continuer à emprunter à des taux très avantageux, ce qui lui permet de prêter à son tour aux pays en difficulté à des taux moindres que ceux qu'ils devraient payer sur les marchés. Les dirigeants de la zone euro souhaitent qu'il serve en priorité pour acheter de la dette italienne afin d'éviter que les taux d'emprunt du pays sur le marché obligataire ne s'envolent.

Or vendredi, ces craintes ont commencé à se confirmer, les marchés continuant de douter de la crédibilité du gouvernement Berlusconi. Les taux d'intérêt des titres à échéance 2022 ont dépassé la barre symbolique des 6%, un niveau difficilement compatible dans la durée avec une dette publique pesant plus de 1.900 milliards d'euros. La confirmation du «triple A» est par ailleurs un signal positif envoyé aux investisseurs extérieurs potentiels.

La Chine veut des clarifications

Le renforcement du FESF annoncé mercredi devrait en effet passer par un système d'assurance-crédit consistant à garantir une partie des pertes éventuelles des investisseurs qui prêtent à des pays fragiles de la zone euro, mais aussi par la mise en place d'un ou plusieurs fonds spéciaux, destinés à attirer les investisseurs extérieurs, comme les pays émergents.

La Chine a déclaré vendredi qu'elle attendait des clarifications avant de s'engager à participer au FESF, mais selon une source proche du gouvernement chinois citée par le Financial Times, elle «pourrait être désireuse de contribuer entre 50 et 100 milliards de dollars au FESF ou à un fonds nouveau monté sous sa houlette en collaboration avec le Fonds monétaire international». Le Brésil s'est également dit vendredi disposé à apporter des financements pour aider l'Europe, de préférence par le biais du FMI, mais sans écarter une participation au FESF.