Nicolas Sarkozy annonce la rigueur pour 2012, mais botte en touche sur la présidentielle

ECONOMIE La croissance va être revue à la baisse et de nouvelles économies vont être annoncées. La question d'une candidature du chef de l'Etat pour la présidentielle de 2012 sera elle tranchée fin janvier ou début février...

Thibaut Schepman

— 

Nicolas Sarkozy lors de son allocution sur TF1 Et France 2 le 27 octobre
Nicolas Sarkozy lors de son allocution sur TF1 Et France 2 le 27 octobre — Reuters / Images

La fin du quinquennat de Nicolas Sarkozy sera donc placée sous le signe de la rigueur. Après un premier plan d’austérité voté en septembre, le président de la République a confirmé jeudi soir, lors de son allocution télévisée au lendemain d’un accord européen à Bruxelles censé préserver la zone euro, une deuxième salve d’économies de l’ordre de «6 à 8 milliards d’euros».

Le gouvernement tablait en effet jusque là sur une croissance à 1,75% en 2012. Elle a été revue à 1%. C’est cette croissance faible qui impose de nouvelles économies pour respecter l’objectif de réduction du déficit à 3% en 2013 (1) . Une décision qu’il n’a souhaité acter qu’après les « décisions historiques» prises lors du sommet de Bruxelles la veille, qui ont, selon lui, permis «d’éviter la catastrophe».  Très concentré, tentant de faire de la pédagogie, il a martelé : «S'il n'y avait pas eu d'accord hier soir, ce n'est pas simplement l'Europe qui sombrait dans la catastrophe, c'est le monde».

>> Revivez le discours de Nicolas Sarkozy minute par minute par ici...

Pas de mesures annoncées

S’il a annoncé des décisions «dans les dix jours qui viennent» pour réduire le déficit, le chef de l’Etat s’est très peu avancé sur les mesures qui seront prises.  Répondant aux questions des journalistes Jean-Pierre Pernaut (TF1) et Yves Calvi (France Télévisions), il a écarté une hausse généralisée de la TVA. Mais il a botté en touche lorsqu’Yves Calvi a évoqué l’idée d’une hausse des taux réduits ou de la création de nouveaux taux intermédiaires. Les secteurs bénéficiant d’une TVA réduite, comme dans la restauration, le bâtiment ou la presse, pourraient donc être davantage taxés. Même réaction du chef de l’Etat sur les questions portant sur sa possible candidature en 2012. Il a refusé plusieurs fois de répondre, avant d’annoncer qu’il prendrait sa décision fin janvier ou début février.  

Pas candidat mais déjà en campagne

Egalement interrogé sur les affaires politico-judiciaires qui touchent certains de ses collaborateurs, notamment la mise en examen de son proche Nicolas Bazire, qui fut le directeur de cabinet d'Edouard Balladur, le Président s’est montré plus offensif, et s’est dit convaincu qu’il «ne sortira rien». Il a montré son indignation concernant les soupçons sur le financement de la campagne d’Edouad Balladur : «Je trouve odieux qu'on utilise la douleur de familles au service d'intérêts politiciens (...) pour salir les gens (…) S'il y avait quoi que ce soit à reprocher à M. Balladur, on ne l'aurait pas trouvé en 17 ans?» a-t-il interrogé dénonçant «la calomnie».

Le chef de l’Etat s’est par ailleurs montré assez loquace sur des projets de réforme, évoquant notamment une «taxation des importations», l’évaluation du yuan -la monnaie chinoise, ou une relance des investissements pour  défendre la compétitivité française», tout en promettant des débats «dans les mois qui viennent». L’occasion pour lui de tacler à plusieurs reprises les mesures passées ou présentes du Parti socialiste, comme les 35 heures ou l’embauche d’enseignants. Pas encore candidat, Nicolas Sarkozy était pourtant déjà en campagne.

(1) [le taux de déficit est calculé en fonction du PIB. Plus l’augmentation du PIB est faible, plus il faut réduire les pertes annuelles pour réduire le taux de déficit]