Crise de la dette: Qui sont les gagnants du plan européen?

INTERVIEWS Les réponses des économistes interrogés par 20minutes...

T. S. et M. B.

— 

La Chancelière allemande Angela Merkel (à gauche) et le président français Nicolas Sarkozy lors de la conférence de presse du 23 ocobtre 2011
La Chancelière allemande Angela Merkel (à gauche) et le président français Nicolas Sarkozy lors de la conférence de presse du 23 ocobtre 2011 — AFP PHOTO/ ERIC FEFERBERG

Jean-Paul Betbèze, chef économiste du Crédit Agricole : « Le gagnant c’est l’Europe »

« Le gagnant c’est l’Europe. Arrêtons de faire du national à ce sujet là. L’Europe se meurt du fait que l’on dit que l’Allemagne a gagné… L’Europe est en train de se fabriquer comme une structure fédérale. Ces nations ont des difficultés différentes. C’est vrai que l’Allemagne est dans la meilleure situation, mais elle a quand même un déficit budgétaire. L’Allemagne soutient le processus même si cela ne lui plait pas beaucoup car elle se dit que si l’Europe explose, elle se retrouvera avec un deutschmark fort et elle ne pourrait plus exporter. Tout le monde a fait des erreurs, certains plus que d’autres, mais on est dans la même entité. Il s’agit de tourner vite cette page. On attend la croissance et peu à peu la pression des marchés diminue. »

Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Natixis Asset Management : « La philosophie allemande l’a emportée »

« La France voulait que l’on puisse utiliser le FESF (fonds européen de soutien) comme une banque avec un effet de levier très important. On parlait de 2.000 milliards d’euros pour venir en aide aux pays en difficulté. Or la philosophie allemande l’a emportée. On a décidé que si un pays a des difficultés, on voudra bien garantir sa dette, mais sous certaine conditions. Avec ce qui a été décidé, les montants ne sont pas les mêmes et la conditionnalité non plus. Derrière, il y a un pouvoir de surveillance plus marqué. »

Céline Antonin, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques : « On ne peut pas réfléchir en terme de gagnants et de perdants »

« L’Allemagne a tiré son épingle du jeu. Elle a tenu bon sur ce qu’elle ne voulait pas voir mettre en place. Ainsi, les Etats européens n’apporteront pas de nouveaux fonds dans le FESF. Elle a également fait accepter son idée de recapitalisation des banques. On peut dire qu’elle a réussi à imposer sa vision, mais on ne peut pas réfléchir en terme de gagnants et de perdants. Les mesures sont globales et vont toucher tous les pays d’Europe donc il n’y a ni gagnant ni perdant. Par ailleurs, il faut attendre beaucoup de précisions. »

Marc Touati, directeur des études économiques de la compagnie financière Assya : « Politiquement, c’est l’Allemagne qui l’a emportée »

« A court terme, c’est la zone euro et donc la Grèce qui bénéficie d’un bol d’air frais. Politiquement, c’est l’Allemagne qui l’a emportée. »