Logo de la monnaie unique à Francfort.
Logo de la monnaie unique à Francfort. — F. RUMPENHORST / AFP

ECONOMIE

Sommet européen: La zone euro est sauvée, mais pour combien de temps?

Malgré l'accord de ce jeudi matin, la récession menace...

Oui, l’accord arraché ce matin au forceps, après dix longues heures de tractations, par les chefs d’Etat de la zone euro est une bonne nouvelle. On ne fera pas la fine bouche, la réussite de ce rendez-vous était capitale. «Il y avait un incendie, on l’a éteint», résume Marc Touati, directeur des études économiques de la compagnie financière Assya.

Prudence

Pas question de pavoiser pour autant. Les observateurs ont appris à être prudents. «Si on en juge par la longueur du communiqué, la diversité des champs couverts, la masse des bonnes intentions affichées et l’auto-satisfaction de dirigeants européens épuisés par une nouvelle nuit blanche, le sommet européen a été un grand succès. On jugera sur pièce, car il reste à finaliser les détails et à mettre en œuvre les annonces», relativise Bruno cavalier, économiste chez Oddo securities. Car le diable se niche toujours dans les détails.

L’accord prévoit de ramener la dette grecque de 160% de son PIB à 120% d’ici 2020. Ainsi, les créanciers privés ont été priés, notamment de s’assoir sur 50% des sommes qu’ils avaient investies. L’objectif du ratio dette/PIB de 120% est très ambitieux, juge Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Natixis Asset Management. Et il reste très élevé, proche de celui de l’Italie. Pour y arriver, la Grèce devra changer son comportement. Mais de quelle façon?

Idem pour le FESF, le plan de stabilité financière qui vient au secours des Etats en difficulté. Sa force de frappe va passer de 440 milliards d’euros à 1.000 milliards d’euros. Il pourrait accueillir les contributions de pays émergents comme la Chine, le Brésil ou la Russie. Mais, «il existe encore une forte incertitude sur la participation des pays émergents. Nicolas Sarkozy doit appeler son homologue chinois. Le Président du FESF va faire une tournée en Asie. La véritable réponse sur la taille du FESF aura lieu, vraisemblablement, à l’issue du prochain G20 (les 3/4 novembre prochains)», avance Christian Parisot, économiste chez Aurel BGC.

Zones d’ombre

Au-delà de ces zones d’ombre, les analystes s’inquiètent de la croissance économique anémique de la zone euro. Tout laisse à penser qu’elle devrait plonger en récession d’ici à la fin de l’année. «On a pris des mesures indispensables mais qui ne résolvent pas le problème de fond», analyse Marc Touati.

Sans croissance, le chômage va encore s’accentuer (le nombre de demandeurs d’emploi a d’ailleurs progressé de 0,9% en septembre en France) entraînant plus de déficit public et donc de dette publique, poursuit Monsieur Touati.

Dans six mois, l’incendie grec qui pour l’instant est éteint, pourrait donc ressurgir et s’étendre à l’Espagne, l’Italie voire même à la France.