Ligne de production de la Citroën C4 à l'usine PSA de Mulhouse.
Ligne de production de la Citroën C4 à l'usine PSA de Mulhouse. — P. SAUTIER / SIPA

Économie

psa va supprimer 6 000 emplois

auto Aulnay, Mulhouse et Poissy seront visés

PSA Peugeot Citroën taille dans ses effectifs. Le groupe automobile français, qui veut réduire ses coûts de production, va supprimer 6 000 emplois (salariés et sous-traitants) en Europe d'ici à la fin de l'année prochaine. La France risque de payer le prix fort : selon Europe 1, elle sera le pays le plus touché d'Europe, avec 4 200 suppressions d'emplois. Les sites d'Aulnay-sous-Bois, de Poissy et de Mulhouse devraient être les plus frappés. PSA emploie 100 000 personnes en France, soit presque la moitié de ses effectifs mondiaux (205 400 salariés).

Baisse de la demande
Premier constructeur automobile français, PSA dit souffrir de la « guerre des prix » qui sévit actuellement sur le secteur des petites voitures. Ses productions maison, la 207 et C3, sont fabriquées en France, avec des coûts de production plus élevés que la concurrence. « Fabriquer une voiture en France coûte 7 000 €. Les constructeurs ont la tentation d'aller produire ailleurs, estime Gaëtan Toulemonde, analyste pour le groupe Deutsche Bank. On a beaucoup critiqué Renault quand le groupe a délocalisé en Europe de l'Est mais aujourd'hui Renault s'en sort mieux que PSA. » La production de la marque au losange est basée en France pour 20 %, contre 40 % pour celle de PSA. Dans un contexte de baisse de la demande, les usines du continent sont déjà surdimensionnées, juge Gaëtan Toulemonde. « On produit 17 millions de voitures dans des sites qui pourraient en produire 23 millions », explique le spécialiste. De gros doutes planent donc sur le futur des sites de production français. PSA l'a admis : l'avenir du site d'Aulnay-sous-Bois n'était pas garanti après 2 014. Pour Gaëtan Toulemonde, il ne reste que deux solutions pour protéger les emplois du pays : « Soit on bloque les frontières, soit on accepte d'acheter des voitures plus chères.»