Les premiers véhicules électriques de Renault vendredi dans les concessions

ECONOMIE Le constructeur a beaucoup misé sur cette technologie...

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Les premiers véhicules électriques de Renault arriveront vendredi dans les concessions, une étape majeure pour le constructeur automobile français qui a beaucoup misé sur cette technologie.
Les premiers véhicules électriques de Renault arriveront vendredi dans les concessions, une étape majeure pour le constructeur automobile français qui a beaucoup misé sur cette technologie. — Miguel Medina afp.com

Les premiers véhicules électriques de Renault arriveront vendredi dans les concessions, une étape majeure pour le constructeur automobile français qui a beaucoup misé sur cette technologie.

Quatre cents utilitaires Kangoo ZE - version électrifiée du bestseller de Renault - seront disponibles dans environ 400 points de vente répartis dans toute la France.

Le début de la révolution électrique

En interne chez Renault, comme en externe via un site internet dédié, le compte à rebours est lancé depuis une dizaine de jours pour cet événement «qui marque le début de la révolution électrique», s'enthousiasme Thierry Koskas, directeur du programme électrique de la marque au losange.

Le groupe a aussi entamé un vaste programme de formation pour ses réseaux, afin que les vendeurs sachent répondre aux interrogations des clients. «On a beaucoup insisté sur l'autonomie» des batteries, source d'inquiétude, et sur l'importance de vendre ces véhicules à des automobilistes ne réalisant pas de grands trajets tous les jours, explique Thierry  Koskas.

Le Kangoo ZE sera rejoint, le mois prochain, par la version électrique de la berline Fluence puis par le quadricycle Twizy, en fin d'année, et la citadine Zoé, en 2012.

Objectif: 1,5 million de voitures vendues d'ici 2015

Le lancement de ces véhicules constitue un défi important pour le constructeur. Renault et son partenaire, le Japonais Nissan, ont investi 4 milliards d'euros, 2.000 personnes ont travaillé sur ce projet et ils ambitionnent d'écouler 1,5 million d'unités d'ici 2015.

Les quatre modèles Renault seront produits en France et en Espagne dans les usines du groupe mais pour les batteries - élément clé du véhicule électrique - le groupe s'approvisionnera à l'extérieur jusqu'en 2014, la fabrication d'une usine dédiée à Flins ayant pris du retard.

Le Kangoo ZE et la Fluence ZE devraient intéresser surtout les flottes d'entreprise, estime Thierry  Koskas, les deux modèles suivants étant plus spécifiquement pensés pour le grand public.

Flottes d'entreprises

PSA Peugeot Citroën, pionnier en France avec le lancement en début d'année de la Citroën C Zéro et de la Peugeot Ion, mise aussi beaucoup sur les flottes. «Nous pensons que ces achats vont être les principaux jusqu'en 2014-2015 et que les particuliers vont surtout accéder à l'électrique lorsqu'il y aura un marché de l'occasion», explique Ayoul Grouvel, responsable véhicules électriques pour le groupe.

PSA en a livré 3.000 pour l'instant et a un carnet de commandes de 5.000 autres en Europe, les flottes représentant 90% et les particuliers 10%. L'autre acteur présent depuis juin sur le marché de l'électrique en France est Nissan avec sa compacte Leaf.

L'électrique reste donc un marché de niche et il lui faudra surmonter plusieurs freins pour atteindre des volumes significatifs. Les infrastructures de recharge manquent encore dans l'Hexagone, même si un plan gouvernemental en prévoit un million dès 2015.

Les batteries ont aussi été accusées d'être dangereuses et de présenter des risques d'incendie.

L'obstacle du prix

Autre obstacle, le prix. Renault vendra son Kangoo électrique à un prix équivalent à celui de sa version thermique, mais sans la batterie, ce qui n'est possible que grâce à une aide gouvernementale de 5.000 euros par véhicule. Peugeot et Citroën ont opté pour un système de location, tout en affichant un tarif officiel de vente, autour de 30.000 euros, comme la Leaf.

Le coup de pouce de l'Etat devrait être maintenu l'an prochain, mais pas sûr que ça soit le cas ensuite. «Nous nous y préparons», assure Thierry Koskas, qui estime que le constructeur pourra se passer de ce type d'aide d'ici cinq ans.

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