Et s'ils n'arrivaient pas à s'entendre...

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L'idée fait tellement peur que les dirigeants français refusent d'y penser. Un échec des négociations ? Ce n'est même pas « une hypothèse de travail », a réfuté lundi le ministre des Finances, François Baroin. Cela ferait « basculer l'Europe dans des terres inconnues », a renchéri hier le Premier ministre, François Fillon. Sans accord aujourd'hui, la zone euro pourrait risquer l'implosion à très court terme. L'avenir politique de l'Union européenne serait lui aussi compromis. « On entrerait dans l'ère du chacun pour soi », décrypte Marc Touati, du cabinet Assya. « Chaque pays se retrouverait seul pour gérer sa dette, son déficit, ses échéances avec les créanciers. La zone euro serait menacée dans son existence même. » Et la situation économique de la France se dégraderait rapidement. « Les taux d'intérêt de la dette augmenteront, poursuit l'économiste. Il y aura moins de croissance, moins d'emplois. Les banques prêteront moins aux entreprises et aux particuliers, les salaires et les retraites pourraient se mettre à baisser. » Pour Nicolas Bouzou, du cabinet Astérès, « la protection sociale française est financée par la dette ». « Si les créanciers ne nous font plus confiance, on ne pourra plus aller chez le médecin. C'est déjà ce qui se passe en Grèce. » Face à de tels enjeux, il est « très peu probable » que la réunion de demain ne se termine sans accord, assure Marc Touati.