un jour pour sauver l'euro

gilles wallon

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Poussé par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, Slivio Berlusconi s'est résolu à de nouvelles mesures de rigueur.
Poussé par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, Slivio Berlusconi s'est résolu à de nouvelles mesures de rigueur. — Michel Euler/AP/SIPA

L'avenir de l'Europe doit s'écrire aujourd'hui. Ce soir, dès 18 h, les chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro se retrouvent à Bruxelles pour finaliser ce qui doit être « le » plan définitif de sauvetage de la monnaie unique. Pour tenter de soigner un euro malade comme jamais, les responsables politiques devraient annoncer des mesures sans précédent dans leur ampleur et dans leur ambition. L'échec ? Il serait si grave qu'il pourrait provoquer l'écroulement de l'Europe monétaire (lire ci-contre). Il pourrait aussi secouer les fondations de l'Europe politique, jusqu'à remettre en question l'existence même de l'Union européenne.

Calmer les marchés
Effacement d'une partie de la dette grecque, recapitalisation des banques… : les dossiers du jour sont nombreux, et complexes. Les négociations de ce soir devraient donc se prolonger jusque tard dans la nuit. Pour l'heure, il n'y a que deux certitudes. La première, c'est que la France, comme la plupart des pays de l'euro, va devoir se préparer à un nouveau plan de rigueur (lire ci-dessous). La deuxième, c'est que la patronne de l'Eurogroupe s'appelle aujourd'hui Angela Merkel. Parce que son pays est le plus fort et le plus stable de la monnaie unique, la chancelière allemande a la main haute dans les négociations. Sa vision devrait donc l'emporter sur le dossier qui l'opposait à la France : le rôle du Fonds européen de stabilité financière. « La France veut pouvoir emprunter sur les marchés et reprêter aux pays qui en ont besoin, analyse Nicolas Bouzou, du cabinet Astérès. L'Allemagne est plus orthodoxe : elle préconise la rigueur avant tout pour assainir les finances des pays en difficulté. »
Dans tous les coins de l'Europe, l'enjeu est maintenant le même : il faut réduire les déficits publics pour calmer les investisseurs. Car ceux-ci sont toujours inquiets d'une faillite possible des Etats, et continuent d'augmenter le taux d'intérêt auquel ils leur prêtent de l'argent. Dernier exemple de rigueur en date : l'Italie, où Silvio Berlusconi va tenter de faire passer l'âge de la retraite de 65 à 67 ans. Pour sauver l'euro, les sacrifices commencent maintenant.