Les drapeaux de l'Union européenne et de la Grèce près du Parthénon (Athènes) en juillet 2011.
Les drapeaux de l'Union européenne et de la Grèce près du Parthénon (Athènes) en juillet 2011. — Petros Giannakouris/AP/SIPA

ECONOMIE

Six jours pour sauver la zone euro

Trois sommets cruciaux sont organisés jusqu'à mercredi...

On ne peut sauver les Etats sans aider les banques qui détiennent leurs dettes, et vice-versa. Toute réponse à la crise de la dette sera donc globale et comprendra plusieurs volets. Les dirigeants européens l’ont compris et ont donc prévu plusieurs réunions thématiques pour ficeler un plan d’ici mercredi prochain. 20minutes vous dresse l'agenda des discussions.

Dès ce vendredi: Comment renflouer les banques? (au menu des ministres des Finances)

C’est, semble-t-il, la question la moins polémique, puisqu’un accord informel a déjà été trouvé. Les ministres des Finances de l'Union européenne se sont entendus vendredi pour recapitaliser leurs banques à hauteur de 100 milliards d’euros, en faisant appel au marché puis au FESF (Fonds de soutien européen). «Le chiffre a été discuté avec les Etats membres. Il est maintenant acceptable pour tous», a expliqué une source au fait des discussions. Une bonne chose de faite. C’est à peu près le montant de l’exposition de ces banques au risque grec», précise Céline Antonin, économiste à l’OFCE.

Samedi soir puis dimanche: Quel plan pour la Grèce?  (au menu des chefs d’Etats et de gouvernements)               

De profondes divergences subsistent, surtout entre Paris et Berlin.  Le président Nicolas Sarkozy et la chancelière Angela Merkel ont donc annoncé dans un communiqué commun  qu'ils se retrouveraient ensemble dès samedi soir à Bruxelles pour évoquer les différents sujets de conflits.              

Ils tenteront de s’accorder sur le montant de la participation des banques au nouveau plan de sauvetage de la Grèce, c’est –à-dire sur le montant des pertes qu’elles devront accepter. Les autorités allemandes, en particulier le ministre des Finances Wolfgang Schäuble, insistent pour que l'enveloppe de 50 milliards d'euros négociée le 21 juillet dernier soit considérablement revue à la hausse, au besoin en forçant les banques à faire un effort supplémentaire.  Ainsi, la moitié de la dette grecque pourrait être effacée, au détriment de ses créanciers. Mais la France s’y opposerait. Le sujet mobilisera les dirigeants européens toute la journée de dimanche.

Mercredi : Renforcer le fonds de secours (au menu des chefs d’Etats et de gouvernements)               

A la demande de Paris et Berlin, un sommet supplémentaire de la zone euro sera organisé mercredi prochain pour s'entendre sur la manière de maximiser la puissance de tir du Fonds européen de stabilité financière (FESF) . C’est indispensable, puisque c’est ce fonds qui doit financer le renflouement des banques et doit être mobilisable en cas de nouveau pays en difficulté. Paris insiste pour que le fonds reçoive une licence bancaire, ce qui lui permettrait d'avoir accès à des financements de la Banque centrale européenne et de multiplier sa capacité d'action par un facteur allant jusqu'à cinq.  Berlin se refuse toutefois à cette possibilité et planche sur une autre solution consistant à permettre au FESF de payer les intérêts de la dette des pays bénéficiant d'un programme d'aide international. Ce dernier mécanisme est toutefois loin de faire l'unanimité entre les pays de la monnaie unique.

Et si aucun accord n’était trouvé ?

Ce n’est pas la première fois que l’on parle d’un sommet de la dernière chance depuis le début de la crise de la dette. Mais  un nouvel échec pourrait entamer définitivement la confiance des investisseurs dans la capacité des Européens à mettre un point final à la crise de la dette et placer ces derniers dans une position particulière inconfortable en vue du sommet du G20 de Cannes début novembre. «Les mesures discutées ne sont pas plus spectaculaires que celles discutées lors du 21 juillet dernier. Mais le contexte fait que le sommet est beaucoup plus préoccupant, car l’enjeux en toile de fond est notamment le maintien de la note des Etats européens à court terme ou la survie de certaines grandes banques européennes .»