Dans un scénario du pire, Standard & Poor's envisage une baisse de la note de la France

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Dans un scénario du pire, qui tente d'extrapoler les conséquences d'une rechute violente dans la récession de la zone euro, l'agence d'évaluation financière Standard & Poor's envisage une baisse de la note de la France, selon une étude communiquée vendredi.

Dans ce cas de figure, la France pourrait perdre son précieux "AAA" --la meilleure note possible dans la classification de l'agence. Sa note pourrait être dans ce scénario abaissée d'un cran, à AA+", précise l'agence.

La décision de Standard & Poor's serait identique dans l'hypothèse d'une simple rechute dans la crise ou dans l'hypothèse extrême d'une nouvelle récession accompagnée d'une envolée des taux d'intérêt.

Une porte-parole de S&P a précisé que "ces simulations ne reflètent pas les hypothèses de base de Standard & Poor's, qui sont celles intégrées dans les notes actuelles". En outre, a-t-elle ajouté, "la magnitude des +stress+ (tensions) utilisés dans cette étude est, elle, improbable".

Dans tous les cas de figure, l'Allemagne conserverait son "AAA". Mais des pays comme l'Espagne, l'Italie, le Portugal verraient leur note degradée de deux crans. Pour l'Irlande, la baisse serait d'un cran.

Selon S&P, 20 des 47 banques européennes étudiées verraient leur ratio de solvabilité tomber en dessous de 6%. Elles nécessiteraient une injection de fonds propres supplémentaires de 78 milliards d'euros dans le scénario le plus favorable (et de 91 milliards dans le cas le plus sombre). Pour l'ensemble de la zone euro, la facture pourrait atteindre 115 milliards d'euros.

L'effort serait essentiellement supporté par l'Espagne (28 milliards nécessaires dans le premier scénario), la Grèce (22 milliards), l'Italie (17 milliards) et le Portugal (9 milliards).

Même dans le cas le plus extrême, les banques françaises, qui ont défrayé la chronique pendant l'été, n'auraient pas besoin de recapitalisation.

A noter que dans ces scénarios qualifiés d'extrêmes, S&P retient une décote de 60% sur la dette grecque, mais rien pour les autres dettes souveraines.