Sarkozy et Merkel ne s'entendent pas sur le statut du Fonds européen de stabilité financière.
Sarkozy et Merkel ne s'entendent pas sur le statut du Fonds européen de stabilité financière. — WUWEI / CHINE NOUVELLE / SIPA

Économie

paris et berlin retardent l'échéance

crise La France et l'Allemagne n'arrivent pas à s'entendre à deux jours d'un sommet crucial

Vent de panique sur Bruxelles. La capitale européenne devait accueillir dimanche « un sommet de la dernière chance » pour la zone euro. Les chefs d'Etat et de gouvernement l'avaient promis : des décisions « globales » et « durables » seraient prises avant la fin du week-end pour enfin sortir la monnaie unique de la crise. Incapables de se mettre d'accord, à deux jours du couperet, le couple franco-allemand veut retarder l'échéance. Paris et Berlin ont réclamé hier soir l'organisation d'un deuxième sommet, dans la foulée du premier, et qui se tiendrait « mercredi au plus tard ». Une décision de dernière minute qui montre une fébrilité persistante des deux côtés du Rhin.

Chute définitive
La France et l'Allemagne, au cœur des décisions, ont du mal à s'entendre sur un dossier crucial : le statut du Fonds européen de stabilité financière (FESF), qui aide les pays fragiles de la zone euro. Leur mésentente, si elle dure, pourrait entraîner la chute définitive de la monnaie unique. « La zone euro n'a plus de crédibilité. Ce qui la sauve encore, c'est le couple franco-allemand », éclaire l'économiste Marc Touati, du cabinet Assya. Si Paris et Berlin ne trouvent pas de solution d'ici à mercredi, « chaque pays de l'euro devra alors se débrouiller seul », prévient l'économiste. « Les taux d'intérêt augmenteront en France, avec comme conséquence moins de croissance et moins d'emplois. La Grèce s'écroulerait complètement, l'Italie pourrait suivre. Toutes les banques de l'Europe seraient fragilisées. » Pour aider plus rapidement les pays en difficulté, la France veut donner un nouveau statut au FESF : celui d'une banque, capable de se refinancer auprès de la Banque centrale. L'Allemagne estime cette démarche risquée : elle pourrait faire tanguer l'économie des pays plus solides. « Les deux pays finiront par se mettre d'accord, car les enjeux sont trop importants », conclut Marc Touati. Les Bourses européennes sont moins confiantes. Elles ont clôturé en baisse hier soir.