Les hypermarchés ne font plus recette

ECONOMIE Leur part de marché pourrait passer de 50% à 30% dans les années qui viennent au profit des magasins de proximité, du hard-discount et du drive...

M.B.

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Des télévisions dans un hypermarché à Nantes. 
Des télévisions dans un hypermarché à Nantes.  — JS EVRARD/SIPA

La course au gigantisme touche à ses limites. Les belles heures de l’hypermarché sont révolues. Le président de la centrale d’achat du Groupe Casino a récemment prédit que la part de marché de l’hyper passera de 50% à 30% d’ici à dix ans.  Déjà les grands hyper n’ont plus la cote. «Le consommateur veut un parcours simplifié donc nous réduisons la taille de nos magasins», explique-t-on chez Casino. Le distributeur croit toujours à l’hyper, mais avec des formats plus petits qui ne s’embarrassent pas de produits non-alimentaires. Une réduction de taille qui fait déjà les beaux jours de Leclerc, très présent dans l’hyper de taille moyenne.

Vive la proximité

Malgré tout, une page se tourne. L’avenir est aux magasins de proximité, au hard-discount et au drive. «Les consommateurs font leurs courses plus souvent, à côté de chez eux, pour gagner du temps. Le modèle des années 70 où on passait son samedi entier en périphérie pour faire ses achats n’est plus d’actualité», abonde Jean-Marie L’Homé, analyste chez Aurel BGC.

Franprix, Monoprix, Carrefour City, Intermarché Express… Les alternatives ne manquent pas pour trouver des prix intéressants sans avoir à faire des kilomètres pour s’approvisionner en produits frais surtout à l’heure de l’essence chère. Une stratégie de proximité payante pour Casino qui s’apprête à dévoiler jeudi de bons résultats pour son troisième trimestre. Jean-Marie L’Homé anticipe en effet un chiffre d‘affaires en hausse de 4,7% en France à 4,755 milliards d’euros.

Quant aux enseignes hard-discount, elles ont aussi de beaux jours en perspective. «Leur part de marché qui est d’environ 14% devrait encore progresser, surtout en cette période d’incertitudes économiques», avance Jean-Marie L’Homé.

Gros succès des drive

Mais les distributeurs misent très gros sur les drive où les clients récupèrent les courses qu’ils ont commandées auparavant par internet. Ces emplacements rencontrent un succès croissant. «Ceux qui sont en retard comme Carrefour mettent les bouchées doubles», signale Jean-Marie L’Homé. L’intérêt est double pour les consommateurs: un gain de temps et l’assurance de ne pas se laisser tenter par d’autres produits puisqu’on ne passe plus en magasin.

Les drive sont pour l’instant surtout adossés à des hypermarchés déjà existants. Mais la donne est en train de changer. Ainsi, Casino se lance dans la bataille des drive autonomes, situés à proximité de grands axes de circulation. Le groupe vient d’en ouvrir un à Vénissieux (Rhône) et doublera la mise d’ici à un mois près de Cannes à Mouans-Sartoux (Alpes-Martitimes). Si l’expérience est concluante, il pourrait en ouvrir plusieurs centaines à travers l’Hexagone. Seul bémol, ces drives autonomes ont souvent moins de choix. 7.000 références chez Casino contre plus de 30.000 dans un hypermarché.

Reste un canal que les acteurs de la distribution ont toujours du mal à dompter: Internet. Commander ses produits sur le web et les recevoir chez soi paraît assez banal. Sauf pour l’alimentaire. «On n’a toujours pas trouvé le bon modèle. Pour l’instant, la rentabilité de ce système reste à prouver», conclut Jean-Marie L’Homé.

>>Et vous, où est ce que vous préférez faire vos courses?

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