Prime de 3,50 euros chez Sécuritas: une "aberration" conforme à la loi selon son PDG

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Le PDG de Sécuritas France, Michel Mathieu, a admis lundi que le versement envisagé d'une prime de 3,50 euros aux quelque 20.000 salariés de l'entreprise est une "aberration", mais conforme à la loi.

"On a bien conscience qu'on est face à une vrai difficulté, posée à la fois par la loi et la situation de Sécuritas où nous avons une augmentation de dividende extrêmement faible, mais qui déclenche cependant l'obligation de négocier", a expliqué à l'AFP Michel Mathieu, PDG de Sécuritas France, après un entretien avec le Ministre du Travail, Xavier Bertrand, qui s'est ému de la faiblesse de la prime proposée.

"On a un nombre de salariés très important ce qui fait que quand on divise ce dividende par les 20.000 salariés de l'entreprise, on arrive à une aberration", a reconnu Michel Mathieu.

En juillet dernier le gouvernement a décidé que la négociation de la prime était obligatoire dans les entreprises de plus de 50 salariés ayant versé en 2011 des dividendes 2010 en augmentation par rapport aux deux derniers exercices.

Le suédois Sécuritas, leader européen des services de sécurité, est donc contraint de verser "une prime de partage des profits" en France. Aucun montant minimum n'est prévu mais la circulaire dit "qu'il ne saurait être purement symbolique".

"On a une loi et j'essaie de trouver une solution pour l'appliquer au mieux. Là, on donne la totalité de l'augmentation de dividende, on peut difficilement faire plus", a expliqué M. Mathieu.

Le résultat de Sécuritas France sera divisé par deux cette année, les coûts de production ont augmenté de 4%, et les prix uniquement de 2% à cause de la crise, a-t-il dit pour justifier la faiblesse de la prime.

Lundi matin sur RTL, Xavier Bertrand avait qualifié le versement de cette prime de "ridicule et dérisoire", et assuré que s'il "était salarié" de Sécuritas, il "la refuserait".

Au cours de son entretien avec le ministre, Michel Mathieu a évoqué d'autres possibilités que le versement de cette prime comme la participation ou l'actionnariat salarié.

Pour Jean-Pierre Christophe, délégué syndical central CFE-CGC chez Sécuritas France, la prime proposée est "un marché de dupes". Son syndicat a d'ailleurs refusé de participer à la dernière réunion de négociation.

La semaine dernière M. Bertrand avait reconnu que les montants versés étaient très variables selon les entreprises, entre 150 et 600 euros.