Bernard Thibault: «La situation va encore s'aggraver»

INTERVIEW Le leader de la CGT appelle à la mobilisation mardi contre l'austérité...

Propos recueillis par Gilles Wallon

— 

« La présidentielle, c'est encore loin de la réalité des salariés », estime Bernard Thibault.
« La présidentielle, c'est encore loin de la réalité des salariés », estime Bernard Thibault. — JS EVRARD/SIPA

Défendre le pouvoir d'achat et lutter contre les mesures d'austérité: avec ce double mot d'ordre, les cinq grands syndicats de salariés (FO excepté) espèrent remobiliser mardi des troupes toujours marquées par leur défaite, il y a un an, lors de la réforme des retraites. Interview de Bernard Thibault, leader de la CGT.

Des concessions sont-elles possibles à six mois de la présidentielle?
La terre ne s'arrête pas de tourner six mois avant une élection. La présidentielle, c'est encore très loin de la réalité des salariés. Regardez ce qui se passe sur les marchés financiers, regardez la façon dont les agences de notation imposent leur loi. Les conséquences, en Grèce ou ailleurs, ce sont des salaires qui baissent, un Code du travail modifié. Si les salariés ne sont pas actifs dès maintenant, la situation va encore s'aggraver. François Fillon évoque déjà le départ à la retraite à 67 ans. Les mesures qu'il a annoncées sont la partie émergée de l'iceberg.

Avec cette mobilisation entre les deux tours des primaires PS, voulez-vous mettre la pression sur le candidat socialiste ?
Nous ne visons aucun candidat en particulier, même si 85% de nos adhérents se revendiquent de gauche. Nous nous permettrons tout de même de rappeler au PS qu'au cœur du mouvement social de 2010, il a promis à des millions de salariés le droit à la retraite à 60 ans.

Des élections professionnelles ont lieu le 20 octobre. Pourquoi le taux de syndicalisation est-il si faible chez les salariés (8%)?
Par peur des représailles. Le droit de se syndiquer est le même pour tous, agriculteurs, avocats, médecins ou salariés. Mais il n'y a que les salariés qui subissent des intimidations. Cette peur est d'autant plus forte dans un environnement fait de chômage et de précarité, où l'on dit aux salariés qu'on peut les remplacer facilement.