Crise: les patronats français, allemand et italien veulent un nouveau traité

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Les patronats français, allemand et italien ont lancé samedi un appel commun solennel à une plus grande intégration européenne, réclamant un nouveau traité afin de surmonter "les défiances actuelles de la zone euro", secouée par la crise de la dette.

"Afin que puissent être établies les fondations d’une Europe du XXIe siècle prospère et politiquement forte, nous demandons à l’Union européenne de lancer le chantier d’un nouveau Traité, qui constituera une étape nouvelle vers une Union politique et économique plus étroite", ont affirmé le Medef français, le BDI allemand et la Cofindustria italienne dans un communiqué commun.

Cet appel patronal à davantage d'intégration européenne intervient alors que le Vieux continent est affecté par la crise de la dette, qui fragilise les banques créancières et secoue les marchés financiers.

"Il n’y a aucune raison pour que l’économie réelle plonge à nouveau dans la crise. L’économie réelle mondiale est intacte. De très nombreuses entreprises européennes sont les leaders mondiaux dans leur domaine. Les perspectives économiques globales sont toujours riches de promesses", assurent les trois organisations.

Si l’Europe et la zone euro "ne sont pas seules à l’origine de la crise de confiance profonde qui affecte les marchés financiers internationaux" elles "y ont leur part", estiment-elles. "Face à cette situation, l’Europe doit maintenant s’engager de façon résolue pour rétablir la confiance".

"En concevant un mécanisme de sécurité financière et en avançant dans la voie de la gouvernance économique, l’Union européenne pourra établir un cadre réglementaire efficace créant les conditions pour des finances publiques solides et une économie compétitive", ajoutent-elles.

Le nouveau traité qu'elles appellent de leurs voeux devra notamment "transformer le Mécanisme européen de Stabilité en un fonds indépendant, qui puisse opérer à partir de règles claires et transparentes".

Outre "un objectif d’équilibre budgétaire, le programme de réforme que proposera ce fonds devra s’orienter en priorité vers des réformes de structures porteuses de croissance", ajoutent les confédérations.

Avant de s'engager sur la voie, toujours ardue d'un nouveau traité, les trois organisations réclament la mise en oeuvre rapide des mesures déjà décidées mais pas encore appliquées par l'Europe, comme celles concernant le renforcement du Fonds européen de stabilité financière (FESF), annoncées en juillet mais qui doivent encore être avalisées par Malte et la Slovaquie.

Il est notamment prévu que le FESF puisse acheter de la dette publique en lieu et place de la Banque centrale européenne (BCE), une mesure importante pour empêcher la contagion de la crise de la dette.

"La question de la capitalisation adéquate des banques est une condition de la solution à la crise actuelle et doit être traitée à ce titre par les responsables politiques", soulignent-elles également.

Autant de mesures qui nécessiteront "un effort budgétaire et financier de la part de tous".

Les trois organisations ont lancé leur appel à quelques heures d'une rencontre à Paris entre la directrice générale du FMI Christine Lagarde et le président Nicolas Sarkozy, et après une nouvelle dégradation des notes de l'Italie et de l'Espagne ainsi que de banques portugaises et britanniques.

Le président Sarkozy s'entretiendra ensuite dimanche avec la chancelière allemande Angela Merkel pour tenter d'accélérer la mise en oeuvre de la réponse européenne à la crise, en amont de la réunion de l'Eurogroupe des 17 et 18 octobre à Bruxelles.