Banco Popular veut prendre le contrôle de Banco Pastor, discussions en cours

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La cinquième banque espagnole par capitalisation, Banco Popular, a annoncé vendredi son intention de "prendre le contrôle" d'une autre banque du pays, Banco Pastor, par un échange d'actions, et a entamé avec elle des discussions.

Les deux banques ont "un même profil culturel et d'entreprise, et un projet de croissance qui consoliderait la position du groupe Banco Popular dans le classement du secteur bancaire espagnol", ont expliqué les deux groupes dans des communiqués.

Les titres des deux banques avaient été suspendus dans l'après-midi par l'autorité boursière espagnole. Juste avant cette suspension, Banco Popular gagnait 1,34% à 3,565 euros, tandis que Banco Pastor grimpait de 4,84% à 3,03 euros.

"En conséquence de l'analyse menée ces dernières semaines, Banco Popular a transmis aux actionnaires significatifs de Banco Pastor son intérêt pour participer à une opération d'intégration qui va lui permettre de prendre le contrôle de cette entitée bancaire, qui garderait sa marque dans sa zone géographique traditionnelle", indiquent les deux communiqués.

L'offre proposée par Banco Popular consiste en un échange d'actions: 1,115 action de Banco Popular (nouvellement émises) pour chaque action Banco Pastor, mais aussi 30,9 actions nouvelles de Banco Popular pour chaque obligation convertible en action de Banco Pastor.

Pour que cette offre soit valable, il faut "l'engagement irrévocable d'acceptation, de la part des actionnaires de Banco Pastor représentant au moins 50,1% du capital social".

Banco Popular est la cinquième banque espagnole par la capitalisation boursière (4,99 milliards d'euros), tandis que Banco Pastor est une entité beaucoup plus modeste, avec une capitalisation de 827 millions d'euros.

L'offre valorise Banco Pastor à 1,362 milliard d'euros, selon les calculs du journal El Pais, soit une prime de 35,7% sur le cours de clôture de jeudi.

Banco Pastor, dont le siège est en Galice (nord-ouest), était l'une des cinq entités espagnoles (et la seule banque, face à quatre caisses d'épargne) recalées en juillet aux tests bancaires européens, mais la Banque d'Espagne avait estimé à l'époque qu'elle n'avait pas besoin de capital additionnel pour se renforcer.

L'ensemble du secteur bancaire espagnol a été soumis ces deux dernières années à un vaste processus de restructuration, avec notamment de nombreuses fusions de caisses d'épargne, qui sont passées de 45 à 15, ainsi qu'un effort de recapitalisation pour rendre les entités plus solvables.