la zone euro est prête à banquer

thibaut schepman et gilles wallon

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Dexia est la première grande victime financière de la crise de la dette.
Dexia est la première grande victime financière de la crise de la dette. — T. ROGE / REUTERS

Pour aider les Etats, il faut aider… les banques. C'est le message qu'ont lancé, hier, les responsables de la zone euro. Alors que la France et la Belgique sont au chevet de Dexia, la première grande victime financière de la crise de la dette, de nouvelles mesures ont été prises hier pour soutenir les banques.

« Changé d'avis »
D'abord à la Banque centrale européenne, l'organisme qui veille à la stabilité des prix. Son président, Jean-Claude Trichet, a annoncé que la BCE fournirait de « la liquidité à long terme » aux établissements qui en font la demande. En clair, il s'agit de fournir assez de cash aux banques pour leur permettre de continuer à financer l'économie, et éviter ainsi une crise du crédit. Même credo à Berlin, où la chancelière allemande Angela Merkel a lancé un avertissement solennel : il ne faut « pas hésiter » à recapitaliser les banques, quitte à passer par une aide de l'Etat, car toute faillite des banques pourrait causer « des dégâts de grande ampleur » pour toute l'économie européenne.
« Les dirigeants européens ont changé d'avis », éclaire l'économiste Gunther Capelle-Blancard. « Pour faire face à la crise, ils ont d'abord tenté d'aider directement les Etats proches de la faillite. On l'a vu avec la Grèce et l'Irlande : c'est un échec. » La zone euro choisit donc maintenant une deuxième solution : « un soutien aux créanciers, c'est-à-dire aux banques, pour les aider à supporter les pertes éventuelles », poursuit l'économiste. Cette mesure sera une nouvelle tentative pour apporter un peu de stabilité aux Bourses. Mais elle devra être acceptée par les actionnaires. « Si un Etat entre dans le capital d'une banque, les actionnaires auront une part du gâteau moins grande », prévient Gunther Capelle-Blancard.