Après le décès de Steve Jobs, quel avenir pour Apple?

INTERVIEW A l'instar de Disney ou de Ferrari, la marque à la pomme a toute les chances de poursuivre sa belle aventure si elle continue sans cesse à innover, estime l'analyste Leslie Griffe De Malval...

Propos recueillis par Mathieu Bruckmüller

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Tim Cook, le successeur de Steve Jobs à la tête d'Apple, photographié le 11 janvier 2011 à New York.
Tim Cook, le successeur de Steve Jobs à la tête d'Apple, photographié le 11 janvier 2011 à New York. — Mark Lennihan/AP/SIPA

La disparation du cofondateur d’Apple ne fait pas paniquer les investisseurs. Jeudi, après l’ouverture de la Bourse de New York, l’action du groupe gagnait 1,02% à 382,73 dollars. Selon Leslie Griffe De Malval, analyste gérant chez IT Asset Management, elle reste une belle opportunité d’achat. Pour 20 Minutes, il dresse aussi les perspectives d’Apple.

Quel impact le décès de Steve Jobs peut avoir sur le titre d’Apple?

A très court terme, l’impact sera limité car le marché prenait déjà en compte le risque d’une disparition de Steve Jobs. Il avait déjà pris du recul et n’était plus que président du conseil d’administration. Je ne vois pas l’action s’effondrer aujourd’hui. Elle pourrait baisser un peu, mais les investisseurs étaient préparés. De plus, la société était prête pour ce changement. Il y a des équipes de management en place. Elles connaissent bien le fonctionnement d’Apple. Steve Jobs a laissé une structure qui pourra lui survivre. En effet, les produits à un horizon de 18 mois sont prévus. Steve Jobs a pu jeter un œil dessus. A court terme, je ne vois pas un grand risque.

L’action n’est pas survalorisée?

Pour une société avec un tel niveau de croissance et de rentabilité, qui a su tirer profit des changements structurels dans la technologie, l’action n’est pas chère. Il y a encore un potentiel d’appréciation fort. Elle peut aller au-delà des 500 dollars. Ce n’est pas délirant.

Quel est l’avenir d’Apple sans son cofondateur?

Il n’y aura pas de nouveau Steve Jobs. Ce sera un Apple un peu différent. Même s’ils sont médiatiquement moins visibles, Tim Cook et les autres dirigeants sont cependant capables de réussir. Ce n’est pas parce que vous avez un dirigeant fondateur emblématique qui disparait que la société est vouée à ne pas continuer. Dans le cas de Disney, le groupe a continué à fonctionner et s’est trouvé même renforcé malgré le décès de Walt en 1966.

Dans le cas de Ferrari, après la mort d’Enzo en 1988, tout le monde s’est dit que la société était finie. Aujourd’hui, elle n’a jamais vendu autant de voitures et n’a jamais été aussi profitable. Chez Apple, Steve Jobs a insufflé une philosophie qui devrait rester: innover sans cesse et ne pas se reposer sur ses lauriers. Si elle continue dans cette voix, Apple a une chance de poursuivre son aventure.

Cependant, le secteur des nouvelles technologies évolue très vite. Il faut rester bien vigilant. Les rois d’hier peuvent être balayés comme Nokia ou HP dans une moindre mesure.

Sur quoi le groupe doit se focaliser dans les années à venir?

Dans les smartphones et les ordinateurs, il y a encore des parts de marché gigantesques à capter. Aux Etats-Unis, en août, un ordinateur sur quatre vendus était un Mac. A l’international, la part de marché d’Apple est sous les 5%. La Chine croît très fortement, le potentiel est énorme.

Autre piste: la vie numérique des consommateurs dans leur salon. Apple est en train de proposer via iCloud la possibilité de brancher son écran d’iPhone ou diPad sur la télé. C’est un développement intéressant.