La zone euro tente d'apporter la dernière touche au second plan d'aide grec

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La zone euro va tenter d'avancer sur la crise de la dette cette semaine prochaine, en levant des obstacles à la mise en oeuvre du second plan d'aide à la Grèce, au moment où Paris et Berlin veulent évoquer les moyens d'améliorer le pilotage de l'Union monétaire. Les ministres des Finances de l'Union monétaire, réunis au sein de l'Eurogroupe, se retrouvent lundi à 17h à Luxembourg. Ceux de l'Union européenne enchaîneront mardi matin. La semaine qui s'ouvre sera aussi marquée jeudi par la dernière réunion ordinaire de la Banque centrale européenne sous la présidence de Jean-Claude Trichet, qui pourrait déboucher sur une baisse des taux face au ralentissement inquiétant de la croissance.

Le couple franco-allemand devrait en outre se rencontrer «dans les prochains jours en Allemagne» pour «accélérer» la mise en oeuvre des mesures prévues pour aider la zone euro, a promis vendredi le président français Nicolas Sarkozy. Angela Merkel et Nicolas Sarkozy discuteront notamment «des voies et des moyens pour accélérer l'intégration économique de la zone euro». «L'échec de la Grèce serait l'échec de toute l'Europe», a-t-il lancé. A l'inverse, Alexander Dobrindt, un haut responsable du parti social-chrétien bavarois (CSU) allié de la CDU de la chancelière Angela Merkel, a appelé dimanche la Grèce surendettée à se mettre «hors de la zone euro» pour régler ses problèmes.

Si aucune annonce majeure n'est attendue lors de la réunion de l'Eurogroupe, les ministres espèrent malgré tout avancer. Une nouvelle rencontre des ministres des Finances se tiendra probablement le 13 octobre pour débloquer une tranche de prêts dont a absolument besoin la Grèce, tirée du premier plan de sauvetage de 2010. Le retour cette semaine à Athènes des bailleurs de fonds de la troïka laisse augurer d'une décision positive. «La probabilité que la tranche de huit milliards d'euros soit versée à la Grèce est, à mon avis, nettement plus forte que la probabilité qu'elle ne le soit pas», a déclaré la ministre autrichienne des Finances Maria Fekter dans une interview publiée dimanche.

«Une solution est proche»

A Luxembourg, les discussions devraient tourner autour du parachèvement du deuxième plan d'aide promis à la Grèce le 21 juillet, d'un montant total de près de 160 milliards d'euros. Il est retardé en raison des réticences de pays comme la Slovaquie, qui n'a pas encore ratifié une mesure phare, le renforcement des outils du Fonds de secours européen pour les pays en difficulté (FESF). A ce jour, 14 pays sur 17 ont approuvé les modifications, dont l'Allemagne. Parmi les trois pays restants, la Slovaquie pourrait contrecarrer les ambitions affichées par la zone euro en ne se prononçant qu'après le sommet européen de mi-octobre.

Les dirigeants de la coalition de centre-droit slovaque se réuniront mardi pour tenter de fixer une date. Autre sujet à régler: les garanties exigées par la Finlande en échange de nouveaux prêts à la Grèce. Sur ce point, «une solution est proche», a fait savoir Berlin. Des annonces sur les modalités de ces garanties pourraient même être faites par les ministres mardi, a confié une source européenne. En revanche, aucune discussion n'est prévue sur une plus grande contribution des banques au second plan grec, ni sur un nouveau renforcement du FESF, deux pistes évoquées avec insistance ces derniers jours.

Sur le premier point, la participation des créanciers privés ne «semble pas très loin» du seuil de 90% qui est l'objectif affiché, indique une source diplomatique. Sur le deuxième, selon des informations de presse, le FESF pourrait devenir une banque et ainsi utiliser le guichet de la Banque centrale européenne sans aucune limite. Autre éventualité: le Fonds pourrait jouer le rôle d'assureur auprès des détenteurs de titres de dette et couvrir leurs pertes à hauteur de 20-25% si un Etat faisait défaut.