L'Allemagne ne consacrera pas plus d'argent au Fonds de secours européen

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Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a exclu que l'Allemagne consacre plus d'argent au FESF que les 211 milliards d'euros votés par le Bundestag et le Bundesrat et affirme que la crise actuelle réclame plus d'Europe.

"Le Fonds de secours européen a un plafond de 440 milliards d'euros, 211 milliards incombent à l'Allemagne. Et c'est tout. Terminé. A l'exception des intérêts qui viendraient s'ajouter", a déclaré le ministre au magazine "Super-Illu".

La dotation du mécanisme européen de stabilité MES, qui doit remplacer le FESF au plus tard en 2013, sera d'après M. Schäuble moins importante.

"Il ne sera alors question que de 190 milliards au total, pour lesquels nous seront garants (...) intérêts inclus", a expliqué le pilier du gouvernement de la chancelière Angela Merkel.

Une majorité d'Allemands (58%) considère l'extension du Fonds de secours de la zone euro comme "une erreur", indique un sondage à paraître dimanche dans le journal "Bild am Sonntag".

Le ministre chrétien-démocrate répète en revanche que la réponse à la crise actuelle plaide pour "plus d'Europe", dans une tribune au journal Welt am Sonntag, à paraître dimanche.

"Personne ne peut contredire le fait, que l'Etat national a perdu le monopole de la régulation, et ce depuis longtemps", écrit-il, "et de l'autre côté personne ne veut d'un super-Etat européen, qui essaierait seulement de transférer (ce monopole) vers une plus grande union".

"C'est pourquoi nous avons besoin d'une nouvelle forme de collaboration des Etats, de la +gouvernance+. Ainsi, l'Etat national n'est ni remplacé ni superflu", affirme le ministre conservateur.

Il s'agit ensuite d'après lui, de "réaménager les niveaux de régulation", pour faire "principe de subsidiarité" qui permet dans le droit communautaire aux Etats de résoudre eux-même leurs problèmes, "un principe encore plus important".

M. Schäuble affirme également que "la mise en commun de la politique financière dans la zone euro doit désormais être complétée par des pas en direction d'une union politique, comme elle avait été réclamée au moment de création de la monnaie unique".

D'après lui, si l'Allemagne ne fait pas les pas nécessaires en direction d'un "approfondissement" des institutions européennes, "nous (les Allemands), perdrons notre compétence de négociateur".

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, veut quant à lui placer les Etats endettés sous étroite surveillance.

"Un droit de regard et des recommandations ne suffisent pas. Les Etats, qui à l'avenir veulent bénéficier de la solidarité du Fonds de secours, devront entre-temps consacrer aux instances européennes un droit d'intervention dans leurs décisions budgétaires", écrit le ministre libéral dans la Sueddeutsche Zeitung samedi.

Le Bundestag a donné jeudi son feu vert à l'élargissement du FESF, au terme d'intenses spéculations sur la solidité de la coalition qui comprend les chrétiens-démocrates de Mme Merkel, leur allié du parti conservateur bavarois CSU, et les libéraux du FDP.

Le lendemain, la deuxième chambre du Parlement allemand, le Bundesrat, a avalisé l'élargissement du mécanisme anticrise, scellant le feu vert de l'Allemagne au mécanisme.