L'Allemagne adopte très largement le plan de sauvetage de l'euro

ECONOMIE Le parlement allemand a approuvé jeudi à une très large majorité l'élargissement du fonds de secours de la zone euro (FESF)...

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Le drapeau de l'Allemagne flottant sur le Bundestag, le Parlement allemand.
Le drapeau de l'Allemagne flottant sur le Bundestag, le Parlement allemand. — A. DOUGLAS/SIPA

Le parlement allemand a approuvé jeudi à une très large majorité l'élargissement du fonds de secours de la zone euro (FESF), rassurant sur l'engagement de la première économie européenne à soutenir ses partenaires.

Majorité écrasante

523 députés au sein de l'assemblée qui compte 620 membres ont voté «oui», a annoncé le président de l'assemblée Norbert Lammert. L'Allemagne est le onzième pays à approuver l'élargissement de l'enveloppe et des compétences du fonds de secours européen créé en 2010 pour venir en aide aux pays de la zone euro en difficulté. Il en sera le premier contributeur.

Sur 611 votes exprimés, 85 députés ont voté contre et trois se sont abstenus.

L'issue du vote ne faisait pas de doute, deux des trois partis d'opposition, les sociaux-démocrates (SPD) et les Verts, ayant promis leurs voix.

C'est le décompte détaillé des votes, publié dans l'après-midi, qui intéressera le plus les observateurs, en Allemagne comme à l'étranger.

«S'il s'avère que (la loi) n'aurait pas pu passer au Bundestag sans l'aide de l'opposition, cela serait un gros revers» pour la chancelière Angela Merkel, estime Holger Schmieding, de Berenberg Bank. «Elle serait présentée en Allemagne comme une perdante», selon cet analyste, pour qui ce revers ne ferait qu'alimenter les interrogations sur une survie de la coalition.

Prochaines décisions décisives

Cela alimenterait également le doute sur la capacité de la coalition d'Angela Merkel à faire adopter les prochaines décisions nécessaires pour résoudre la crise de la dette en Europe : vote dans les semaines à venir sur un deuxième plan d'aide à la Grèce, et début 2012 sur un mécanisme de sauvetage permanent (MES) pour succéder au FESF.

Pour rassurer, au moins momentanément, sur la capacité de l'Allemagne à jouer son rôle de pilier dans la zone euro, il faudra au minimum que les votes positifs de la majorité --conservateurs (CDU/CSU) et libéraux (FDP)-- dépassent le nombre de suffrages exprimés par l'opposition. De cette façon, Angela Merkel n'aurait pas eu besoin des votes de l'opposition.

Ce serait encore mieux si son camp obtenait la majorité absolue, soit 311 voix «pour», l'assemblée comptant 620 membres.

Résistances

Ces dernières semaines, le gouvernement a réussi à faire taire le gros des résistances dans ses rangs, notamment en aménageant la loi sur le FESF élargi pour y inclure une plus forte implication du parlement dans l'utilisation au cas par cas du mécanisme.

«L'un ou l'autre collègue a une autre conception des choses», a concédé pendant les débats le chef du groupe parlementaire conservateur (CDU/CSU) Volker Kauder, en référence aux réticences d'un certain nombre de ses confrères.

Mais le vote de jeudi sera «une contribution importante pour notre pays, pour l'avenir de l'Europe», a-t-il promis.

L'élargissement du FESF, qui est déjà venu en aide à l'Irlande et au Portugal par le biais de prêts, lui confère une capacité de crédit à 440 milliards d'euros. Il lui permet aussi de racheter sur le marché secondaire de la dette des pays à la peine, tâche confiée jusqu'ici à la Banque centrale européenne (BCE).

La chambre haute du parlement, le Bundesrat, doit aussi avaliser la loi vendredi dans une séance exceptionelle, une simple formalité.

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