L'euro est comme un "bâtiment en flammes sans issues"

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Le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, qui avait déclaré en 1998 que l'euro était comme un "bâtiment en flammes, sans issues", a estimé mercredi que les faits lui avaient donné raison "dans certains pays".

"J'avais décrit l'euro comme un bâtiment en flammes, dépourvu d'issues, et cela s'est avéré vrai dans certains des pays membres de la zone euro", a-t-il expliqué dans un entretien au magazine Spectator, évoquant ces commentaires de l'époque.

"Vous pouvez avoir des bâtiments en feu où l'on arrive à éteindre l'incendie ou à le contrôler (...) . Je pousse peut-être l'analogie trop loin" mais la zone euro "n'a pas d'issues et il est matériellement difficile d'abandonner une monnaie quand il n'y a pas de plan prévu pour le faire", a-t-il encore fait valoir.

Pour M. Hague, "on parlera pendant des siècles" de la création de l'euro "comme une sorte de monument historique à la folie collective". "Mais il est là et nous devons faire avec", a-t-il souligné.

D'après lui, la zone euro est face à des "choix difficiles": "les Grecs, les Italiens ou les Portugais doivent accepter de grands changements (...) et les Allemands devront accepter de financer ces pays pendant vraiment longtemps, pendant tout le reste de leur vie".

Début septembre, il avait déjà jugé que le Royaume-Uni devrait desserrer ses liens avec l'Union européenne (UE) et qualifié d'"erreur monumentale" la création de la zone euro sans réelle harmonisation des politiques fiscale et budgétaire.

Face à la crise traversée par la zone euro, la frange eurosceptique du parti conservateur a donné de la voix ces dernières semaines. Elle a demandé au Premier ministre David Cameron d'organiser une consultation sur les liens du Royaume-Uni avec l'UE, mais ce dernier a écarté cette idée.