Crédit Agricole promet à son tour de s'alléger, sous la pression

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Après ses consoeurs Société Générale et BNP Paribas, la banque française Crédit Agricole a annoncé à son tour mercredi des mesures de réduction de son endettement et de ses besoins de financement pour tenir compte du nouvel environnement dicté par les marchés et les régulateurs.

Concrètement, le groupe mutualiste va faire passer son programme de financement à moyen et long terme de 22 milliards d'euros en 2011 à 12 milliards en 2012.

Il prévoit également de faire baisser son endettement de 50 milliards entre juin 2011 et décembre 2012, dont 45 milliards à court terme (soit une baisse de 26%), selon un communiqué publié mercredi.

"L’accès au financement long terme est contraint et le financement court terme a diminué, en particulier en dollars", constate la banque mutualiste, résumant une situation qui touche l'ensemble des grandes banques européennes.

La perspective de l'entrée en vigueur du nouveau cadre réglementaire Bâle III début 2013 s'ajoutant à ce contexte, "la nécessité de réduire l’effet de levier et la taille des bilans s’est imposée".

La banque ne chiffre toutefois pas l'ampleur de la réduction de son bilan ou l'impact sur ses ratios financiers.

"Dans ce contexte, le Crédit Agricole s’adapte à ce nouvel environnement", explique la banque.

Pour y parvenir, l'établissement entend notamment se désengager partiellement d'activités de financements structurés, "de banque commerciale et de marchés et (lancer) la fermeture d'implantations non stratégiques à l'étranger".

Dans le détail, le désengagement total ou partiel de certaines activités devrait réduire de 15 à 18 milliards le besoin de financement du pôle banque de financement et d'investissement.

"Une première étape de 9 milliards d'euros sera déjà franchie" d'ici la fin de l'année.

Si la réduction de voilure en banque de financement et d'investissement est la plus emblématique de la réorientation stratégique, c'est la banque de détail qui va contribuer le plus à ce programme de désendettement.

La réduction du besoin de financement sur ce pôle sera de 21 à 23 milliards d'euros, soit quasiment la moitié de l'objectif.

Cet allégement en banque de détail sera rendu possible par une augmentation des dépôts, ressource qui diminue mécaniquement le besoin de recours aux marchés pour se financer.

Crédit Agricole précise que ses dépôts pèsent aujourd'hui 370 milliards d'euros, un total "en constante progression".

Le groupe ajoute que la collecte hors bilan (assurance-vie et Livret A notamment), qui par définition n'est pour l'instant pas comptabilisée dans les dépôts de la banque, "est réorientable en partie vers l'épargne bilan", c'est-à-dire notamment les comptes sur livret et comptes à terme.

Le troisième pôle majeur de la banque, les services financiers spécialisés, qui comprend le crédit à la consommation et le crédit-bail, va également être mis à contribution, à hauteur de 9 à 11 milliards d'euros.

Là aussi, il est question du retrait de certaines activités, mais aussi de la cession de portefeuilles de crédit.

En marge de ces annonces, Crédit Agricole a tenu à rassurer quant à son portefeuille de titres d'Etats européens sous pression des marchés. Son exposition nette à la Grèce, à l'Irlande, au Portugal, à l'Espagne et à l'Italie représente 0,7% du total du bilan.

Cette exposition ne concerne pas les crédits au secteur privé, notamment ceux accordés par la filiale grecque Emporiki, qui a déjà fait l'objet de mesures renforcées, notamment un plan d'économie et une politique "très restrictive d'octroi de nouveaux crédits", rappelle la banque.

L'annonce n'a pas eu de répercussion immédiate sur les marchés. L'action Crédit Agricole a fini en baisse de 0,25% à 5,175 euros, dans un marchés en baisse de 0,92%.