Crise de la dette: les incertitudes demeurent malgré le retour de la troïka

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Les bailleurs de fonds de la Grèce ont décidé de revenir jeudi dans le pays, ouvrant la voie au versement de prêts dont Athènes a absolument besoin pour éviter la faillite, mais de nouvelles incertitudes sont apparues mercredi sur le calendrier de la zone euro face à la crise de la dette.

La Slovaquie s'est une nouvelle fois distinguée en faisant planer un doute sur la date à laquelle elle entend se prononcer sur le renforcement du Fonds de secours pour les pays en difficulté, principal instrument anti-crise de la zone euro.

Le Parlement du pays a évoqué un vote au 25 octobre, alors que le Premier ministre insiste pour qu'il ait lieu avant le 17 octobre, conformément aux attentes des dirigeants européens qui se sont fixés jusqu'à mi-octobre pour entériner les nouveaux pouvoirs de ce Fonds de secours.

Ces atermoiements témoignent des réticences de Bratislava à délier les cordons de la bourse pour ses voisins en difficulté. Le pays n'avait déjà pas participé au premier plan d'aide à la Grèce, décidé au printemps 2010.

Ces incertitudes ont pesé sur les Bourses européennes, qui ont terminé en légère baisse, et gâché une série de nouvelles plutôt encourageantes, comme le retour jeudi de la troïka (rassemblant l'UE, la Banque centrale européenne et le FMI) à Athènes.

"J'ai le plaisir d'annoncer que la troïka a décidé de reprendre la mission en Grèce", a annoncé mercredi le porte-parole du commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, ajoutant que cette décision "faisait suite aux récentes annonces des autorités grecques pour réduire le déficit du pays.

Les chefs de mission de la troïka avaient quitté le pays début septembre de manière impromptue, mécontents du manque de progrès du gouvernement dans les efforts promis. Leur retour signifie qu'ils sont peu ou prou satisfaits des mesures annoncées depuis par Athènes.

Du feu vert de la troïka dépend le versement d'une nouvelle tranche d'aide de 8 milliards d'euros, tirée du premier plan de sauvetage du pays.

Athènes a un besoin vital de cet argent pour éviter un défaut de paiement sur son énorme dette qui dépasse les 350 milliards d'euros.

Dans le même temps, la Finlande s'est prononcée mercredi en faveur du renforcement du Fonds, devenant le 10e pays à approuver ces changements.

Le feu vert d'Helsinki n'était pas totalement acquis en raison de la montée de l'euroscepticisme dans le pays, après le succès électoral du parti des Vrais Finlandais aux législatives d'avril.

Autre avancée: la participation des banques au second plan d'aide grec décidé en juillet a atteint le niveau fixé pour le succès de l'opération et pourrait même le dépasser, affirme la presse grecque.

Mis à contribution pour la première fois dans ce type de sauvetage, les créanciers privés de la Grèce s'étaient engagés à faire un échange d'obligations leur faisant perdre 21% de leur mise initiale.

Toutefois, des responsables européens n'hésitent plus en privé à envisager une restructuration plus sévère pour les banquiers, alors que des rumeurs de marché circulent sur un programme d'échange de dette entraînant une perte de 50%.

Interrogée sur une éventuelle renégociation du second plan d'aide grec, la chancelière allemande Angela Merkel n'a pas fermée la porte. "Devons nous renégocier, ou ne pas renégocier? Nous préférerions bien sûr que les chiffres restent inchangés, mais je ne peux pas anticiper (les conclusions de) la troïka" a-t-elle déclaré à une chaîne de télévision grecque.

En attendant, le président de la Commission européenne s'est voulu rassurant. S'exprimant devant les parlementaires européens à Strasbourg, il a exclu le scénario catastrophe d'une sortie de la Grèce de la zone euro.

"La Grèce est et restera dans la zone euro", a-t-il affirmé dans un discours.

Il a plaidé en faveur d'une plus grande intégration économique afin de sauver l'euro, se prononçant notamment en faveur des euro-obligations à terme.

Dans le même temps, le Parlement européen a voté en faveur d'un durcissement de la discipline budgétaire au sein de l'UE, qui prévoit des sanctions plus faciles à prendre contre les Etats qui laissent filer leurs déficits.