Crise de la dette: Athènes au point mort pour cause de grèves et manifestations

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Athènes était mercredi complètement paralysée, au troisième jour de grèves touchant tous les transports en commun en riposte à un durcissement de la rigueur, tandis que retraités, employés municipaux et taxis devaient battre le pavé.

Dans un centre-ville anormalement vide, des centaines de retraités ont défilé jusqu'au ministère des Finances, protestant contre une nouvelle série de mesures fiscales, dont une taxe immobilière adoptée mardi soir par le parlement, et de coupes additionnelles dans les pensions de retraites de plus de 1.200 euros.

Ils ont brûlé devant le ministère des formulaires fiscaux.

Pour la troisième journée consécutive, les grands axes desservant la capitale étaient eux livrés à de gigantesques embouteillages, en l'absence de tout transport en commun, métro, bus, trolleys et trams, mais aussi taxis.

Leurs propriétaires, qui entament une grève de 48H contre une déréglementation de la profession, ont prévu un rassemblement devant le ministère des Transports, sur une des principales avenues nord-sud d'Athènes.

Les employés municipaux qui dénoncent des licenciements dans le secteur public ont pour leur part annoncé des "occupations" de locaux municipaux, tandis qu'agents du fisc et douaniers, qui protestent contre l'abolition prévue des primes qui leur assurent des revenus bien supérieurs à ceux des autres personnels de la fonction publique devaient conclure une grève de 48H.

Ces mouvements sectoriels, quasi-quotidiens depuis des semaines, constituent une riposte au nouveau durcissement de la cure de rigueur imposée à la Grèce depuis 2010, auquel le gouvernement socialiste a du se résoudre pour éviter un lâchage du pays par ses bailleurs de fonds, zone euro et Fonds monétaire international.

Les syndicats, tant de droite que de gauche, tout comme les initiateurs des rassemblements "d'Indignés" ont toutefois jusque là échoué à mobiliser massivement dans les rues, avant une grève générale prévue le 19 octobre dans le public et le privé.

Le ministre grec des Finances, Evangélos Vénizélos, a de nouveau exclu tout recul mardi, alors que FMI et zone euro ont exigé l'engagement écrit du gouvernement à administrer la purge prescrite, menaçant sinon de ne pas verser en octobre la sixième tranche du prêt consenti en mai 2010, vitale pour prévenir une cessation de paiement.