McDo se convertit au petit-déjeuner «à la française»

M.B.
— 
Le leader mondial de la restauration rapide McDonald's, estime que l'Europe est son marché le plus prometteur et va investir jusqu'à 800 millions d'euros sur le continent cette année, annonce son PDG mardi dans une interview.
Le leader mondial de la restauration rapide McDonald's, estime que l'Europe est son marché le plus prometteur et va investir jusqu'à 800 millions d'euros sur le continent cette année, annonce son PDG mardi dans une interview. — Joel Saget AFP/Archives

McDonald’s n’en finit plus de se franciser. La baguette, emblème de la gastronomie hexagonale, a débarqué ce lundi matin dans les 134 McCafé. En plus des viennoiseries et des pâtisseries, les clients peuvent désormais s’offrir un petit-déjeuner made in France baptisé «Tartines McCafé». Il se compose de deux petits pains fuselés accompagnés d’un pot de confiture (framboise, abricot ou marmelade d'orange amère), d’une plaquette de beurre et d’une boisson chaude pour 3,50 euros maximum.

Objectif: doubler les ventes du petit-déjeuner

Aujourd'hui, le petit-déjeuner génère moins d’1% des ventes de McDo en France, mais avec cette nouvelle offre, le groupe espère bien atteindre les 2%. Le pain sera produit par le groupe Holder, propriétaire de Ladurée et des Boulangeries Paul.

«Actuellement, 25% des transactions McCafé se font le matin et nous espérons, avec les tartines McCafé rendre ce créneau encore plus attractif pour les consommateurs», explique Isabelle Kuster, senior vice-présidente opérations France et Europe du Sud chez McDonald's. L'an dernier, les McCafé ont généré un chiffre d'affaires de 18 millions d'euros en servant plus de 10 millions de clients.

L’initiatiative séduit les restaurateurs

Cependant, l’initiative de McDo n’inquiète pas les restaurateurs, bien au contraire. La publicité qui l’entoure met le petit-déjeuner sur le devant de la scène. Or, il ne représente à tout casser que 2% du chiffre d’affaires des cafés, bars et brasserie, souligne Marcel Bénézet. Le président de la commission des cafés, bars et brasseries du Synhorcat estime donc qu’il a des parts de marché à développer.

La concurrence de McDo ne l’effraie pas. «Nous faisons des petits-déjeuners sur-mesure adaptés à la clientèle. Si un client veut des œufs brouillés et du bacon, nous le faisons. C’est plus cher que chez McDo, mais ce n’est pas la même prestation», dit-il. Ce dernier souhaite d’ailleurs en profiter pour développer les petits-déjeuners d’affaires notamment au sein des brasseries.

Mais McDo ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. A compter du second semestre 2012, il va proposer des sandwichs à base de baguette. Au grand dam des boulangers. La vente de sandwichs peut représenter de 5 à 60% de leur chiffre d’affaires, surtout s’ils sont situés dans des quartiers d’affaires. «Ce sera à nous de faire de très bons sandwichs avec de la qualité», souligne Jacques Mabille, président adjoint de la Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie française.