La crise en Europe peut diminuer le désir d'UE des Islandais

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Les problèmes économiques et financiers de l'Europe peuvent ébranler le souhait des Islandais de rejoindre l'Union européenne, a déclaré le Premier ministre Johanna Sigurdardottir dans un entretien à l'AFP.

L'Islande a officiellement ouvert les pourparlers d'adhésion à l'UE le 27 juin.

Alors qu'on lui demandait si les problèmes économiques et financiers actuels de l'UE pouvaient décourager les Islandais de rejoindre l'UE, Mme Sigurdardottir a répondu: "cela pourrait finir par être le cas".

"J'espère que la situation n'est que temporaire et que l'Europe parviendra à s'en sortir", a-t-elle ajouté.

La volonté islandaise de rejoindre l'UE a fait du yo-yo au fil du temps.

Après la crise financière et bancaire d'octobre 2008, le souhait des Islandais de faire partie de l'UE et de la zone euro est monté en flèche car la valeur de leur monnaie avait été réduite de moitié et l'euro faisait figure de refuge.

Mais le soutien s'est effondré avec le contentieux financier avec Londres et La Haye suite à la faillite de la banque Icesave.

Les deux capitales réclament quelque 3,9 milliards d'euros à l'Islande pour rembourser l'indemnisation versée aux 340.000 épargnants britanniques et néerlandais ruinés par l'effondrement de cette banque en ligne lors de la crise financière de l'automne 2008.

A présent, l'Islande est sur le chemin de la reprise économique alors que l'Europe rencontre des problèmes.

"Heureusement, nous sommes tout à fait bien préservés contre cette crise internationale quant à nos réserves monétaires et nos liquidités. Nous avons beaucoup amélioré la situation budgétaire de l'Etat et ses dettes, des sujets auxquels se confrontent maintenant de nombreux pays européens", a relevé le chef du gouvernement.

"J'espère que (la crise européenne) n'aura pas d'effet sur les pourparlers (européens) en tant que tels", a-t-elle poursuivi.

"Mais évidemment, un tel malaise -récession et crise sur les marchés internationaux- peut avoir des répercussions en Islande s'il traîne en longueur", a-t-elle noté.

A la fin des négociations, les Islandais auront le dernier mot par référendum. Reykjavik voudrait que tout soit conclu avant les prochaines élections législatives prévues en 2013.