Le Portugal emprunte 1,250 milliard d'euros dans un contexte tendu

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Le Portugal a emprunté mercredi 1,250 milliard d'euros en bons du Trésor à court terme, à des taux dépassant 5,2% pour la ligne à six mois, dans un contexte tendu en raison des craintes de contagion de la crise de la dette dans la zone euro, selon l'Agence portugaise de la dette (IGCP).

Le Portugal a émis un milliard d'euros en bons du Trésor à trois mois au taux de 4,931% (contre 4,959% le 7 septembre), et une ligne de 250 millions à six mois au taux de 5,249% (contre 4,989% le 17 août).

L'Etat portugais est parvenu à placer la totalité du montant prévu pour cette émission.

La demande a été 1,7 fois supérieure à l'offre pour la ligne à trois mois et 4,5 fois pour celle à six mois, précise l'IGCP.

"Ces taux sont inférieurs à ceux pratiqués dans le marché secondaire", a remarqué Filipe Silva, analyste de la banque Carregosa, dans un commentaire à l'AFP.

Cette émission intervient dans un contexte tendu, alors que le Portugal ne se finance plus sur les marchés financiers à long terme en raison des taux élevés. Outre la situation de la zone euro, ébranlée par le cas de la Grèce qui tente d'éviter un défaut de paiement, le Portugal est lui-même confronté à de nouvelles difficultés qui pourraient remettre en cause ses objectifs budgétaires après la découverte de nouvelles dettes s'élevant à quelque 1,68 milliard d'euros.

Le Premier ministre portugais Pedro Passos Coelho a affirmé mardi soir, lors d'un entretien télévisé, qu'en cas de défaut de la Grèce, son pays pourrait être contraint de demander une nouvelle aide financière. Le Portugal, troisième pays de la zone euro à bénéficier d'un plan de sauvetage après la Grèce et l'Irlande, a obtenu en mai dernier une aide de 78 milliards d'euros sur trois ans auprès de l'Union européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international en échange d'un programme de rigueur et de réformes.

"Les investisseurs sont sensibles aux efforts du gouvernement et sont confiants dans les résultats de cette politique, si bien qu'ils sont prêts à acheter de la dette directement tout en sachant qu'il pourraient obtenir de meilleurs taux sur le marché secondaire", a observé M. Silva.