L'affaire UBS justifie la réforme du secteur bancaire britannique, dit un ministre

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La fraude géante dont est soupçonné un trader de la banque UBS justifie pleinement la réforme soutenue par le gouvernement britannique afin d'isoler les activités d'investissement des banques, a estimé lundi le ministre britannique du Commerce Vince Cable.

"S'il restait le moindre doute sur la nécessité d'une réforme radicale, le trader d'UBS l'a dissipé", a assuré M. Cable à Birmingham (centre) devant la conférence annuelle du parti libéral-démocrate dont il est un des chefs de file.

"Il est tout simplement impossible de laisser les contribuables à la merci d'établissements voyous qui peuvent faire exploser des armes financières de destruction massive", a ajouté M. Cable, considéré par la City comme un de ses ennemis.

Kweku Adoboli, un trader de 31 ans arrêté jeudi à Londres, est soupçonné d'avoir fait perdre 2,3 milliards de dollars à la banque suisse UBS après avoir effectué des "opérations non autorisées" dont certaines remonteraient à 2008.

Son arrestation est intervenue trois jours après la présentation du rapport de la "commission Vickers" préconisant de séparer les activités de détail des banques britanniques de celles d'investissements, pour mettre à l'abri les dépôts des particuliers.

Le lobby bancaire britannique a néanmoins obtenu que cette réforme n'entre en application qu'en 2019.

M. Cable, qui a fustigé à plusieurs reprises les banques d'affaires devenues des "casinos", s'était d'abord prononcé en faveur d'un démantèlement pur et simple des établissements dits "universels" qui peuvent faire courir un risque à toute l'économie en cas de faillite en raison de leur taille.

Membre de la coalition au pouvoir, il s'est ensuite rangé derrière le projet moins drastique de la commission Vickers qui a en outre obtenu l'appui du Premier ministre conservateur David Cameron.

Le Royaume-Uni, où les services financiers représentent plus de 10% de l'économie, avait été touché de plein fouet par la crise financière de 2008. C'est le premier pays à engager une telle réforme du secteur bancaire, qui est scrutée de près ailleurs dans le monde et notamment en Suisse.