Méga-commande : Air France-KLM a manqué «de courage» selon l'UMP Bernard Carayon

ECONOMIE Pour renouveler sa flotte de longs courriers, la compagnie va acheter 25 Boeing B787-9 et 25 Airbus l’A350-900 pour la bagatelle de 8,6 milliards d’euros. «Air France n’'a pas fait le choix du courage commercial» en privilégiant le constructeur européen, déplore un député...

Mathieu Bruckmüller

— 

Air France-KLM va demander à la Commission européenne, qui l'a condamné à une amende de près de 340 millions d'euros pour entente dans le transport de fret, de "pouvoir différer ce paiement", a indiqué jeudi le directeur général de la compagnie aérienne.
Air France-KLM va demander à la Commission européenne, qui l'a condamné à une amende de près de 340 millions d'euros pour entente dans le transport de fret, de "pouvoir différer ce paiement", a indiqué jeudi le directeur général de la compagnie aérienne. — Joel Saget AFP/Archives

Bernard Carayon a obtenu en partie gain de cause. Le député (UMP) à l’origine d’une pétition, signée par près de 180 députés (dont une vingtaine de l’opposition) réclamait que la compagnie (détenue à 15% par l’Etat) privilégie Airbus et non Boeing pour sa super-commande de longs courriers. Au final, Air France-KLM a fait le choix du compromis pour éviter toute nouvelle polémique. «50/50, c’est mieux que rien, certes, et notre appel, en ce sens, a sans doute évité un choix en faveur de Boeing qui, sans cet appel, aurait été massif», souligne l’élu par voie de communiqué.

Renvoie d’ascenseur

N’empêche, il estime qu’«Air France n’a pas fait le choix du courage commercial». Il rappelle dans une lettre envoyée aux cosignataires de son appel, que le groupe a été sauvé «par l'Etat et les contribuables français du désastre financier en recevant 20 milliards de francs du gouvernement Balladur». Et que dans ce contexte, elle aurait été bien avisée de renvoyer l’ascenseur aux partenaires publics européens du programme Airbus.

«Ce ne sont pas les américains, disciples du patriotisme économique, qui auraient pu nous le reprocher», assène Bernard Carayon.