Trois banques françaises menacées par Moody's

CRISE Le Crédit Agricole, la Société générale et BNP Paribas sont visées par l'agence de notation américaine...

Gilles Wallon

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Les trois établissements pourraient avoir besoin d'une aide de l'Etat.
Les trois établissements pourraient avoir besoin d'une aide de l'Etat. — R. DE LA MAUVINIERE / AP / SIPA

Les voyants sont au rouge pour trois grandes banques françaises: la Société générale, le Crédit agricole, et BNP Paribas. Malmenés en Bourse, ces établissements se préparent à un nouveau coup de massue: la baisse de la note que leur attribue Moody's. Cette agence américaine, qui évalue la solidité financière des Etats et des entreprises, estime que le trio est trop exposé à la dette grecque. Le constat n'est pas neuf, mais il met les banques au pied du mur. Elles pourraient avoir très vite besoin d'une aide massive de l'Etat, à chiffrer en dizaines de milliards d'euros.

«Elles refuseront de prêter»

La situation est «catastrophique», résume Philippe Dessertine, professeur de finances à l'université de Nanterre. La Grèce, qui ne parvient pas à appliquer ses mesures d'austérité, n'a jamais semblé aussi proche du défaut de paiement. Cette semaine ou la semaine prochaine, «le pays pourrait même se déclarer en faillite», avertit l'économiste. Pour les trois banques, le choc serait immédiat : baisse brutale du cours, besoin de capitaux nouveaux, recherche de liquidités… «Les autres banques ne leur feront plus confiance. Elles refuseront de prêter, prévient Philippe Dessertine. L'Etat devra donc intervenir pour empêcher la faillite.» Selon l'économiste, le gouvernement pourrait s'engager dans le capital des banques «d'ici à la fin du mois». En 2008, déjà, l'Etat avait prêté 20 milliards d'euros aux banques. Une somme remboursée depuis.

Le client protégé

Les économies des clients des grandes banques ne souffriront pas de la tempête boursière. «Ces banques sont au cœur de l'économie. L'Etat ne peut pas se permettre leur faillite. Il est donc obligé de les sauver», rappelle Philippe Dessertine.