Les USA font monter la pression sur l'Europe à la veille du G7

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Washington a intensifié sa pression sur l'Europe, jeudi, l'exhortant à agir sans tarder pour faire la preuve de sa capacité à passer la crise, à la veille d'un G7-Finances destiné à discuter des moyens d'éviter une rechute de l'économie mondiale.

"L'Europe doit agir plus vigoureusement pour susciter la confiance dans sa capacité à résoudre sa crise et dans sa volonté de le faire", écrit le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, dans une tribune au Financial Times rendue publique par le Trésor.

M. Geithner demande aux pays de l'UE "un engagement sans équivoque à soutenir le système financier européen et à faire en sorte que les Etats puissent emprunter à des taux d'intérêts viables pendant qu'ils adoptent des réformes".

Ces propos témoignent de tensions entre les Etats-Unis et l'Europe, qui se tiennent mutuellement responsables du regain d'agitation sur les marchés.

Le ministre français de l'Economie, François Baroin, a pourtant jugé jeudi "infondées" les "prétendues discordes américano-européennes", "en tout cas au niveau des gouvernements", dans un entretien au journal français Le Figaro.

Les ministres des Finances du G7 doivent se retrouver samedi à Marseille (sud de la France) pour une rencontre consacrée aux moyens de soutenir la reprise mondiale sans aggraver la crise de la dette.

Ce double défi concerne tout autant l'Amérique que l'Europe.

La reprise économique est faible des deux côtés de l'Atlantique. Et si les budgets de certains pays Européens nourrissent des inquiétudes à court terme, les Etats-Unis ont perdu en août leur note de solvabilité maximale aux yeux de Standard and Poor's, signe que la situation de leurs finances publiques n'est plus ce qu'elle était.

L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) presse les pays du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie et Japon) à prendre des mesures pour passer la crise, mais ceux-ci se renvoient la balle.

Mercredi, une responsable du Trésor est revenue sur les tests de résistance bancaire européens, dont les résultats publiés à la mi-juillet ont montré qu'une minorité d'établissements avaient besoin d'une recapitalisation.

Elle y a vu des "résultats très importants", apportant "transparence et clarté sur la solidité des bilans des banques à travers l'Europe".

"Elle n'a pas dit que les Etats-Unis étaient d'avis que seul un petit nombre de banques [européennes] avaient besoin d'être recapitalisées", a néanmoins indiqué à l'AFP une personne au Trésor.

De l'autre côté de l'Atlantique, le ministre de l'Economie français, François Baroin, déclarait pour sa part: "nous regardons avec beaucoup d'attention ce qui s'est passé aux Etats-Unis, les conséquences de la dégradation de la note américaine".

Les Européens ont réagi violemment la semaine dernière à l'appel de la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, exhortant les Etats européens à recapitaliser, si besoin par des fonds publics, les banques du continent.

"Jusqu'à un certain point, les déclarations de Lagarde ne font que reprendre les résultats des autorités européennes", relève néanmoins une source proche du FMI, pour qui les résultats des tests de résistance européens peuvent être interprétés comme négatifs même si les Européens les présentent comme positifs.

"Si on voulait avoir une lecture [des tests de résistance bancaires européens] sous l'angle du verre à moitié vide, on pouvait le faire sans passer forcément pour dépressif et pessimiste", a précisé cette source à l'AFP.

Mme Lagarde doit participer aux discussions de Marseille.

Les Etats-Unis comptent informer à cette occasion leurs partenaires du plan de lutte contre le chômage que le président Barack Obama devait présenter au Congrès jeudi soir, et qui suscite par avance la méfiance des républicains, avec lesquels le gouvernement devra composer.

M. Geithner écrit dans sa tribune que la question qui se pose aujourd'hui aux Etats-Unis et en Europe "n'est pas de savoir si nous avons les moyens économiques et financiers d'agir pour renforcer la croissance, mais si nous avons la capacité politique d'agir comme il convient".