L'OCDE demande aux pays riches d'agir face à une crise en voie d'aggravation

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Croissance en panne, risque de récession, aggravation de la crise de la zone euro: les pays riches du G7, qui se réunissent vendredi dans le sud de la France, doivent agir, a prévenu jeudi l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Dans son Evaluation économique intérimaire pour le G7 (Etats-Unis, Japon, Canada, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie), elle revoit en nette baisse ses prévisions de croissance d'ici la fin de l'année.

Hormis le Japon, en pleine reconstruction après les catastrophes de mars, la croissance dans les économies du G7 "restera inférieure en moyenne à 1%" en rythme annualisé "au second semestre de cette année", estime l'organisation qui réunit les Etats les plus riches de la planète.

Pire: même si l'OCDE "doute" d'une "répétition de la crise de 2008-2009", "le risque d'une période de croissance négative au cours de la période à venir s'est renforcé" et une récession, c'est-à-dire deux trimestres consécutifs de recul du produit intérieur brut (PIB), "n'est pas exclue dans certaines grandes économies", a déclaré le chef économiste de l'OCDE Pier Carlo Padoan.

L'Allemagne, pourtant le moteur de la zone euro qui semblait relancé à grande vitesse après la crise, devrait être le premier pays, avec l'Italie, à faire l'expérience d'une telle rechute: sa croissance rebondirait un peu au troisième trimestre (+2,6% en rythme annualisé, soit environ +0,65% par rapport au trimestre précédent) mais le PIB reculerait ensuite au quatrième (-1,4% en rythme actualisé, ou -0,35% par rapport au trimestre précédent).

L'OCDE prévient d'ailleurs que la crise de la dette dans la zone euro est loin de se conclure et "pourrait s'intensifier à nouveau", d'autant que l'accumulation des nuages pèse sur la confiance des consommateurs et des entreprises.

Pour expliquer ce coup de frein, l'organisation évoque des répercussions plus fortes que prévu des plans d'austérité budgétaire, qu'elle appelait pourtant de ses voeux, sur la croissance.

L'OCDE multiplie les avertissements alarmants: le commerce international se tasse, les risques de pérennisation d'un chômage élevé s'accroissent et les marges de manoeuvre pour intervenir sont réduites.

En outre, "les risques de détérioration dominent les prévisions et cela continuera sans doute en 2012", met-elle en garde.

"Si les perspectives de croissance continuent de se dégrader au cours des quelques prochains mois, il faudra agir", a donc lancé Pier Carlo Padoan, en guise d'appel au G7 dont les ministres des Finances se réunissent vendredi à Marseille.

Le problème, reconnaissent les auteurs du rapport, c'est "qu'il y a moins de munitions en termes de politiques publiques pour compenser un nouveau ralentissement".

Néanmoins, l'OCDE demande aux banques centrales des pays riches qui ont conservé des marges de manoeuvre d'envisager d'abaisser à nouveau leurs taux directeurs - alors qu'en mai, elle leur recommandait de les relever.

Quant à la relance budgétaire, si elle s'annonce difficile pour de nombreux pays, ceux qui ont mis en place des cadres "crédibles" seront "mieux placés pour réagir et devraient le faire" en cas de dégradation de la situation.

Enfin, pour "enrayer la contagion" de la crise de la dette, l'OCDE a fait sien l'appel du Fonds monétaire international (FMI), fraîchement accueilli en Europe, à recapitaliser les banques européennes.